Booba : L’autopsie qui fait zizir!
Le roi n'est plus, vive le roi ! D'accord, c'est un peu de la provoc'... N'empêche, qu'après une petite descente aux enfers, B2O nous revient en pleine forme. Autopsie vol. 3, sa dernière mixtape, contient quelques bonnes petites tueries. Entre autres ses morceaux solos...
S'il n'y a pas vraiment de « roi » du hip-hop français (lui, pourrait à la limite revendiquer son titre d'autoproclamé Duc de Boulogne, si on veut filer la
métaphore...), Booba a quand même accumulé les disques d'or depuis son premier opus, Temps Mort, en 2002. Qu'on aime ou pas son style rentre-dedans et son
flow bourré aux vitamines et au coton dans la bouche, on ne peut pas passer à
côté de sa place au sein du rap français. Une place qui avait quelque peu perdu
de sa valeur après le relatif échec de son dernier album, 0.9 (disque d'or
également mais ça ne correspond plus vraiment au même nombre de ventes).
Surtout Booba, à l'image d'un Joey Starr, est passé, ces derniers temps, des pages musique à celles consacrées aux faits divers dans les journaux.
Alors c'est vrai qu'en
apprenant la sortie du troisième volume de sa série de mixtapes Autopsie, on s'est demandé à quoi s'attendre... Bon, j'avoue, c'est quand même un peu pour les fans. Parce que je ne vois pas
très bien qui d'autre peut s'intéresser aux mini-extraits de ses feats les plus connus,
version « je ne vous donne que ma partie, vous connaissez déjà le titre,
non ? » On le retrouve donc, entre autres, sur Bienvenue au Texas sans Tony Parker pendant cinquante-cinq secondes ou pour Diamond Girl sans Ryan Leslie pendant une
minute. Passons... Plus ouvert que sur les volumes précédents, Booba a laissé le
micro à des rappeurs et chanteurs qu'il considère comme la relève. Découverte
donc de Soma, Unité Spéciale, Naadei. Seth Gueko et Humphrey ont eux aussi
leurs solos. Mais les deux qui sortent du lot, avec des titres qui portent bien
leurs noms sont Despo Rutti, avec des punchlines sans concession sur Trashhhh et Dosseh, roi du flow
ultra-rapide, à la limite du compréhensible, pour Non Stop.
Et Booba dans tout ça ? Hé bien pour une fois, il a pris de véritables risques. C'est sûr, vous allez tomber sur le cul en entendant la version de Salade, Tomates, Oignons qu'il a fait remixer par... Yuksek ! La dernière sensation électro française a juste tué ce titre pour en faire un ovni musical jouissif. Une bombe à écouter d'urgence.
Et même pour le reste,
à savoir ses 4 titres solos, Booba ne fait pas que du Booba. Le single qui
tourne actuellement, Double Poney, est un peu l'exception qui confirme la
règle. Sur les cinq minutes, on retrouve bien cette arrogance, ces lyrics provocs,
cette passion pour l'IZI Monnaie, ce flow caractéristique et ces grosses basses
(sans le vocoder, ouf !) qui vont ravir les fans autant qu'ils vont énerver
les détracteurs. Le clip, signé Chris Macari, producteur star du hip-hop
français, est un magnifique classique du genre :
Un classique, donc. Et trois autres petites nouveautés qui étonnent. Pas vraiment dans la forme. Mais sur le fond, La Vie en Rouge et Fœtus ouvrent grand le livre de la vie du jeune Elie et soulève un bon bout du rideau qui cachait l'intime chez le rappeur de Boulbi. En quelques phases, il revient sur ce côté « bon à rien » qui lui a longtemps collé à la peau, dresse un tableau de son enfance entre gris clair et gris foncé ou revient sur ses délires d'ado. OK, c'est peut-être parce que je suis une meuf que chaque fois qu'un rappeur se livre, ça me touche. Mais merde, chez Booba c'est assez rare pour le souligner, non ?
A lire aussi dans les pages de R.A.P. R&B, lady caprice et sur les sites de waxx-music.com/ et street-tease.com/...

Adeline, ton texte par contre est tres bien ecrit.