Salif : adopté sur CV
On attendait beaucoup du Boulogne Boy. Et pour cause, son second opus solo, on en parle depuis 2001 ! Considéré par beaucoup comme un petit génie de la plume, le futur du rap français, Salif a su faire monter la pression. Alors, forcément, on s'est rué sur Curriculum vital, le 28 septembre dernier. Et verdict : une bonne petite tuerie !
En 2001 arrive sur la scène rap une petite bombe, directement issue de Boulogne-Billancourt, quartier du Pont de Sèvres (d'où vient également LIM). Il s'appelle Salif, a un style on ne peut plus percussif, mais également très littéraire et il parle de la rue comme un vrai petit gangster qu'il est déjà à 19 ans. En même temps, il sait poser ses tripes à l'air et écrit des morceaux ultra-intimistes comme personne, mettant à nue tout ses défauts, dont ses addictions multiples. Petit protégé de Kool Shen, signé chez IV My People, ce MC-là nous fout un grosse claque en pleine tête avec Tous ensemble, chacun pour soi. A l'époque, tout le monde voit en lui le futur du rap français. A raison, ce premier opus n'est pas parfait mais porte en lui plus d'espoirs que n'importe quel autre album de l'époque. Et Rap2k.com, site-référence de hip-hop, écrit alors : « Entre confession et egotrip, Salif réussit tout de même à imposer son style de jeune rappeur désinvolte et contradictoire, plein d'aspirations mais fatigué de les poursuivre, optimiste et décidé, qui ne se fait toutefois pas aveugler par ses illusions. Souhaitons lui de revenir bientôt, que nous puissions partager son évolution d'artiste torturé, doué et attachant. »
S'il avait déjà fait
ses armes au sein du groupe Nysay, c'est seul-tout que Salif se forge uneréputation
de rappeur à la fois technique et lyriciste. Il occupe le terrain et joue l'invité
sur toutes les compiles, des Talents
Fâchés aux Hostile en passant par
Les yeux dans la banlieue, Triple violences urbaines ou Premier combat. Il multiplie les
feats et sort 2 street-CD remarqués : Boulogne boy en 2007 et Prolongations
en 2008. L'album se fait attendre. Sa maison de disque, AZ, sort alors de
petites capsules vidéo qu'il appelle « le CV avant l'album » et qui
le montrent en studio, présentant ses futurs morceaux. Son buzz est au top dans
la rue. Omniprésent, donc, Salif a su à la fois suscité l'intérêt et le manque.
Quand Curriculum vital déboule dans les bacs le 28 septembre, la
grande question est donc de savoir si le rappeur porteur de tant d'espoirs sera
au niveau. A l'écoute et à la vision de son 1er clip, la réponse est
clairement : oui.
Clip J'hésite :
Comme sur tous ses
méfaits précédents, Salif trempe sa plume agile dans deux encres différentes :
la chronique de la vie de rue, les petites magouilles (Cash converter ou R.U.E.),
le regard en arrière sur une certaine époque (La disquette, Cursus scolaire) d'un côté. Et, de l'autre, toujours cette intimité ultra-réaliste qui nous plonge, parfois jusqu'à
provoquer le malaise, dans les doutes et les problèmes les plus personnels du
rappeur. A ce titre, J'hésite ou Eh l'ancien reviennent sur son envie
de raccrocher les gants du bizz de rue. Et pour claquer leurs becs aux
éventuels jaloux (mais surtout pour se faire plaisir), Salif s'est offert 2
titres ultra-techniques de très haute volée : un Blow !!!!!!!!!!!!!! où son flow ne cesse de faire des allers-retours
entre nonchalance et vitesse mach 3. Et un Stop,
dont la géniale prod, qui monte en puissance, est signée Canardo, le frère de
La Fouine, où le débit s'arrête brusquement pendant quelques secondes à chaque
fois que le MC dit « stop ». Pas toujours facile de revenir au top après
tant d'années. Mais Salif peut être rassuré par ses bons chiffres de vente et,
surtout, par la fidélité d'un public qui a su reconnaitre son grand talent.

Non sérieusement, on ne peut clairement pas parler là de Hip Hop ni original, ni de qualité...
« Allez-y, lâchez les pitts,
Cassez les vitres, quoi
Rien à foutre, d’façon en face c’est des flics
C’est U.N.I.T.Y., renoi, rebeu, babtou, tway
Mais si on veut contrôler Paris, tu sais que ça sera tous ensemble
Ca y est les pitts sont lâchés (…)
Les keufs sont lynchés, enfin, ça soulage,
Faut que Paris crame (…)
Poitiers brûle et cette fois-ci, pas de Charles Martel
On vous élimine, puisque que c’est trop tard
La France pète. J’espère que t’as capté le concept ».
Et avant de cracher sur tout le monde Sefyu Rohff Booba et Salif dis toi que si demain ces mecs arretent tout, le rap francais est mort (par domages collateraux, direct ou indirect). Ce sont eux qui produisent et qui te fournissent n'oublis pas. A moins que tu puisse proposer un meilleur son.
Dans ce cas là...
Peace.
Comme Rockin Squatt par exemple, Stress.
Salif n'est qu'une pale copie de Booba...
En moins drole.
Domage.