Rockin’ Squat : (real) hip-hop is not dead !
Petite boutade que cette mort présumée du Hip-Hop. Tous les fake MCs qui tablent dessus depuis des années m'ont toujours fait froid dans le dos. Comme si une telle culture populaire pouvait s'éteindre juste parce qu'elle ne ressemble plus à ses débuts !
N'empêche que la gorge se noue quand, après NTM, c'est au tour de Squat de revenir sous les feux de la rampe. Sa participation, ce mardi, au Grand Journal de Canal +, a fait ressurgir de vrais bons vieux souvenirs. Manquerait plus qu'Olivier Cachin et Sidney nous fassent une soirée revival Rap Line/H.I.P H.O.P. et moi, je fonds en larmes... En écoutant les toutes fraiches Confessions d'un Enfant du Siècle Vol. 1, nouvel album solo de Rockin' Squat, on a instantanément l'impression d'une renaissance, d'un retour au bon vieux son, au bon vieux flow. Forcément, quand on a découvert, comme beaucoup, le rap avec L'homicide Volontaire d'Assassin, en 1995, difficile de ne pas être nostalgique. Un rap militant, intelligent, à la fois underground et universel, où le leader charismatique de ce groupe mythique offrait un discours différent : « Des fois, cut ta télé, change ton quotidien, rentre dans un musée, ou lis un bouquin. L'odyssée de la vie n'est pas un film au cinéma. Si tu ne t'éduques pas, tu resteras en bas ! » (L'Odyssée Suit Son Cours).
Plus de quinze ans après ses débuts au micro, Te-Squa n'a pas dévié d'un cheveu sa ligne de conduite. Et c'est justement pour ça que ses Confessions ont mis longtemps à sortir dans les bacs. Quand on est aussi contestataire et droit dans ses bottes, on est rarement de ceux que l'industrie du disque soutient. C'est aussi bien car d'un côté, la qualité de son nouveau diamant n'en est que plus pure. Au niveau des textes, donc, ça bastonne, comme d'habitude : une Démocratie Fasciste Article 3 partagée avec le nom moins politisé Médine, un brûlot contre les incarcérations abusives, Free Them All (« enfermé pour ses idées, toujours d'actualité, pourtant l'actualité nous vend la liberté »), un autre contre les paparazzis, Vie Privée (« le nez fourré dans le caca pour sentir la vie de rêve »), encore un, cette fois sur les rapports France-Afrique, France A fric (« france, mon pays mais pas mon combat [...] je ne décime pas la forêt comme le groupe Bolloré et je n'ai aucun intérêt dans le génocide rwandais »), une réflexion sur les enseignements de la vie, Eternel Apprenti, (« chaque leçon est un don de celui qui enseigne ») ou un percutant tube old-school avec le mythique KRS-One, Key Of Life.
Mais fidèle ne signifie pas figé. Et parce qu'il parle ici en son nom et non plus pour Assassin, Squat montre un autre facette du MC. Un rappeur plus soul, plus love aussi (cf. les titres Te Amo...Eu Quero Vocé ou Aimer sans Posséder). Résidant depuis des années entre la France, les Etats-Unis et le Brésil, il apporte de nouveaux sons comme les airs de batucadas sur O Mundo é para vocé, le funk de Progress ou les sonorités très clubs de Clubbish.
Que dire si ce n'est que c'est le retour qu'on attendait depuis bien longtemps. A déguster sur les platines puis en concert dés l'année prochaine. Big Up !
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Très bon article, merci Adeline !