Christophe Willem
Christophe Willem ne fait pas de mise au point. Lui, son truc, c'est plutôt la mise au son. Avec des arguments et de l'audace. C'est ainsi que l'on découvre notre entertainer le plus époustouflant depuis que la télévision l'a engendré prenant les rennes de son deuxième album avec une incroyable pertinence.
Depuis la Fermeture pour rénovation que fut son DVD, témoin de deux années de victoires en chantant, Christophe Willem a définitivement achevé son Inventaire qui prouva avec flamboyance qu'il était possible de vivre au-delà du quart d'heure de célébrité. Les records se ramassent ici à la pelle. Un premier disque de diamant, une Victoire de la musique, quatre Bataclan, trois Olympia, huit Cigale, un Zénith de Paris, et 130 000 spectateurs sur la tournée qui ont contracté la fièvre scénique de ce fauve libéré de sa cage cathodique.
La
rénovation discographique s'est donc opérée ici avec beaucoup d'adrénaline et
un maximum de caféine. Surprendre et se surprendre, tel était le challenge.
Changer d'air, telle était la condition. Ce sera donc l'Angleterre, et le rêve
du swinging London qui en 2009 s'est matérialisé en ondes électroniques. C'est
bien dans cette ville que tout musicien s'affranchit de ses propres limites et
de ses intimes contraintes. La pop est une religion que Christophe Willem
célèbre avec beaucoup de conviction. Il fallait donc pour lui se ressourcer, et
ainsi prendre le risque de rencontrer au hasard de la City Kylie Minogue
ou Madonna en pleine méditation physique dans la Mecque de la musique pop.
L'âge des possibles est bien celui de Christophe qui rencontre ainsi Guy Chambers, compositeur et producteur
des tubes mondiaux de Robbie Williams ou Kylie Minogue. Et si on s'amusait pour
se mettre en jambe à enregistrer un duo sur un titre du dernier album de la
miss ? Aussitôt dit aussitôt fait. Sensitized
comme un défi. Une sorte de lien indéfectible entre la pop anglaise et le
géniteur français de cette mythologie anglaise. Gainsbourg samplé, "Initials
CK", Christophe and Kylie embrasent la création de ce nouveau disque. Dès
lors tout est possible. A commencer par l'identité même du disque forgé par
l'envie insatiable de notre performer de sortir de sa légende pour écrire lui
même son histoire. Ainsi le voilà auteur sur plus de la moitié des titres de
son album, dessinant les contours d'une jeunesse impatiente, sauvage, gourmande
et allergique au renoncement de la grande dépression mondiale de ce nouveau
siècle.
Ca commence par un orage soutenu par des éclairs de guitares saturées. Tonnerre sombre. Voici surgir L'homme en noir, poussé par le vent du désir. Voix élastique, très souple à l'escalade, scratches massifs, rythmique lourde et crasseuse, Christophe Willem survole sa chanson pour mieux la dominer. Avec lui et la touche d'Alexandre Azaria, Tim Burton devient bionique et spatial. Tout l'album est ainsi, en déséquilibre jouissif entre les entrailles de la terre et les nimbes du ciel.
Berlin, chanson en sous-sol et toute en
sex appeal comme pour hurler au monde entier que le bonheur est bien partout.
Voyage fantasmique dans la ville de la techno et du "sexor". Tout
s'enchaîne à la vitesse d'un supersonique. Zazie, en sœur veille, et partage les mots de La demande que Jean-Pierre
Pilot électrise. Petites pulsions cardiaques deviendront vite opéra groove
orgasmique. Christophe Willem décolle à nouveau du dance-floor pour signer la
plus belle ballade de son répertoire. Entre
nous et le ciel. Cette fois la tortue a des ailes et vole au souffle d'harmonies de cordes qui
rappellent que le trip hop est né du côté de Bristol. Angleterre encore et
toujours. Nous sommes là au cœur de ce
nouveau disque avec les chansons coécrites en compagnie de l'élégante Skye qui avait accompagné Christophe
tout au long de sa première tournée. Ensemble ils inventent un langage (sexué),
un son (aiguisé), un style (bandant). A l'image de Plus que tout, ballade estivale et enivrante, propice à satisfaire
l'épicurien chanteur à fleur de peau et de sens, recentré encore et toujours
par une basse abrasive à faire pâlir les marquis excentriques possédés par le
démon de la danse. Coffee fait monter
la pression du percolateur mélodique de Christophe Willem. Avec lui, "Le R
and B français" c'est où il veut quand il veut, car son flow est percussif
et les guitares sont presque d'orient. Ce qui donne un titre qui invente. On
appelle ça un style...
Trash en duo gémellaire avec Skye, c'est encore autre chose. Le plaisir du gimmick poussé à son paroxysme autorise le souvenir d'un Prince minimal, sexe machine échappée de Minneapolis qui reconnaitra sans difficulté les siens.
Alors pourquoi toute cette orgie de sons électroniques qui luttent sans cesse avec un barrage de guitares saturées ? Pour lancer un trio de producteurs de choc dans une sorte de vertige ascensionnel. Tina Harris, Steve Lee et Pete Martin ont eu le loisir de travailler sur une solarisation extrême du son qui donne un coup de soleil au beat blanc de la Perfide Albion. Trois Anglais réunis pour faire de Christophe Willem le premier Français, depuis le grand Serge à la tête de chou, à prendre de force le royaume pourtant uni... Heartbox, en version originale s'il vous plaît, devrait faire frissonner les Top of the Pops. Sans pourtant que l'on puisse reprocher à notre nouvelle star de céder aux sirènes de l'hégémonisme anglo-saxon. Bien au contraire, avec Zazie encore dans Yaourt et Lavabo, et aussi Jennifer Ayache, diva du Superbus dans Tu te fous de nous , la France prend un Eurostar d'avance. Les filles dans cet album sont à l'affaire avec brio. Et puisqu'il s'agit encore peut-être de vous prouver que Christophe Willem est bien français, le voilà enfin mûr pour nous écorcher avec ce romantisme imbattable qui a forgé toute notre exception culturelle... Fragile, composée par Ben's Brother, et Si je tombais prouvent s'il en était encore besoin la sensibilité extrême du bonhomme. Une sorte de mec écartelé entre son vertige de l'enfance et son désir de cupidon. Entre les deux son corps balance et son cœur aussi. Confusion des genres ? Plutôt lâcher prise. Une forme de plaisir aphrodisiaque et ultime, qui de fait traverse ainsi ce disque de bout en bout, excité par la caféine des petits matins de chair et transcendé par l'adrénaline des soirs de fête. Le premier album de "l'antécrise".
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je suis fan depuis le début..... grande voix, grand monsieur, mec simple et sympa..... j'adore !
Qu'une hâte: le (re)voir en concert!!
SKOUA Albert
Directeur Général
04 BP 453 Abidjan 04
Sekoua Marie Armande
Mme SEKOUA Valentine
je voulais juste te dire que j'aime beaucoup tes chanson
a bientot
clara
cé un chanteur,jeune beau,