Gare au Cabrel ! !
Ecrit mer 5 déc 2007 10:05 CET par Philippe Barbot in C'est ma tournée !
« C’était mieux haaa-vant ! » geignait jadis sa marionnette aux Guignols de l’info. C’est vrai que Francis Cabrel, notre bien-aimé barde hors saison, n»a jamais eu la réputation d»un novateur hyper branché, même depuis qu’il a coupé ses boucles rebelles et rasé ses légendaires bacchantes. La preuve, le voilà, à l’occasion d’un double cd « best of » retraçant ses trente années de carrière, qui revisite… Georges Brassens, le maître incontesté et incontestable de tous les baladins rimailleurs francophones, de Maxime Leforestier à Bénabar. La chanson s’intitule « Le Gorille » et, en son temps (années 50), avait quelque peu troublé le paysage culturel d’une France innocente qui ne connaissait encore ni Bruel ni NTM. Imaginez, une trépidante histoire de singe en rut troussant les robes d’un magistrat respectable, quel scandale…. C’est simple, à l’exception de la jeune station Europe 1, toutes les radios avaient pudiquement boycotté la romance trublionne, transformant le paisible Brassens débutant en ennemi public n°1 de la morale chrétienne et républicaine. Pornographe, va ! Ils furent bien peu à s’apercevoir que, derrière l’anecdote rigolarde pour noces et banquets ou vestiaires sportifs, se dissimulait une redoutable diatribe contre la peine de mort : « Car le juge au moment suprême criait « maman ! », pleurait beaucoup, comme l’homme auquel le jour même, il avait fait trancher le cou… » On remerciera donc notre national Francis de dépoussiérer ainsi cette historique complainte sous-estimée… même s’il s’est permis, au passage, de changer la mélodie du refrain, de couper trois couplets et d’en réécrire un ou deux. Et on ne saurait trop conseiller à la jeune génération de la chanson d’ici de se pencher à son tour sur les multiples trésors que recèle l’œuvre de Georges Brassens. A quand Cali reprenant « La Cane de Jeanne », Hubert-Félix Thiéfaine « Le roi des cons » ou Raphaël, « Quand je pense à Fernande » ?

On peut préférer le Cas Brel au Cabrel, pour sûr.
C'est ce qu'on appelle un chanteur dispensable (ne pas oublier chanteur).
Mais la démocratie est vaste et c'est tant mieux.
AO
il est irresistible.