Frères de son
Depuis plusieurs mois, aux Etats Unis, cartonne un groupe intitulé les Jonas Brothers. Trois frères, respectivement prénommés Kevin, Joe et Nick, qui ont déjà publié trois albums de pop-rock (comme dirait RTL 2) propret et conventionnel, s'habillent en costards cravates, ont promis de rester vierges jusqu'au mariage et bouleversent les adolescentes yankees. Evidemment, leur manager n'est autre que leur papa. Une illustration quasi caricaturale de cette passion exacerbée des américains pour les valeurs familiales. Mais qui, au passage, soulève une anecdotique question : le rock est-il une musique fraternelle ?
En tous cas, l'histoire de cette musique est pleine de frères. Des frères de sang et de son, des frères ennemis aussi. Les Kinks, par exemple, avec la famille Davis. Les Bee Gees, qu'on reconnaissait à la dentition. Ou les Beach Boys, mais y'avait plein de cousins aussi. Les frères Winter, Edgar et Johnny, inventeurs du rock albinos. Les frères Jackson, avec des soeurs en plus. Plus près de nous, les frères Finn (leaders interchangeables et versatiles de Split Enz puis Crowded House), les frères Gallagher, têtes de lard d'Oasis, ou les Kings of Leon, groupe de frangins rock. Ah oui, y'a aussi AC/DC, avec Angus et Malcolm Young, et les frères Kroeger de Nickelback. Sans omettre les entreprises familiales façon Hanson, ou les vrais jumeaux, comme les irlandais des Proclaimers. Chez nous, il faudrait citer Herman Dune ou Volo, orchestres fraternels. J'en oublie, aidez moi.
Il y a des histoires de frères qui ont mal fini : Mark Knopfler a viré Dave de Dire Straits, parce qu'il n'était plus assez bon... Et puis des histoires de faux-frères, comme les Ramones ou les Walker Brothers, qui n'ont jamais eu la même maman. Ou les homonymes dans le même groupe, comme Gene Clark et Mike Clarke chez les Byrds (non, Petula, ça n'a rien à voir).
Les frères, c'est bien connu, ça s'adore et ça s'engueule. « Toi tu seras bassiste » ordonne l'aîné. « Nan, je veux faire des solos de guitare », geint le cadet. Le petit dernier, lui, est invariablement batteur. Bon, il existe des groupes de sœurs aussi, mais là, ça nous entraînerait trop loin. Sans parler des frères restés inconnus, comme celui de Paul McCartney. Mais ne laissons personne dire que le rock est une musique de beaufs. Même pour rester dans la famille.
