Les pochettes surprises de Jimi Hendrix
Dans quelques semaines, le 16 octobre pour être précis, on fêtera le quarantième anniversaire de l'un des disques les plus importants de l'histoire de la musique contemporaine. Il s'intitule « Electric Ladyland », double album et ultime enregistrement studio d'un guitariste prodige nommé Jimi Hendrix. Etonnant comme, avec le recul, on s'aperçoit qu'un disque, qu'on avait un peu bêtement boudé à sa sortie (« bruyant, confus, trop long, et puis y'a pas de tube... ») renfermait en fait tout ce que le rock a ensuite exploité en matière d'effets sonores, de technique guitaristique et de fusion des genres musicaux. Un véritable manifeste avant-gardiste, depuis l'enregistrement en seize pistes, procédé révolutionnaire à l'époque, jusqu'aux bandes jouées à l'envers, que tous les musiciens et producteurs se sont empressés de copier. « Electric Ladyland » fait partie aujourd'hui de ces classiques, certes datés mais curieusement intemporels, qu'on ne se lasse pas de redécouvrir : du célèbre « Voodoo Chile », jam session de minutes, au pyromane « Burning of the midnight lamp » et sa wha wha cramée, en passant par la reprise jamais égalée du « All along the watchtower » de Bob Dylan.
Mais le plus rigolo, c'est l'histoire de sa pochette. A l'origine, le disque devait paraître illustré d'une photo de femmes nues
, sorte de reconstitution d'un tableau d'Ingres. Scandale aux Etats Unis, où l'on s'empressa de remplacer le cliché « obscène » par un portrait plus banal du guitariste
. En France, nous eûmes droit à ce doigt vengeur, surgissant d'une manche psychédélique
. Au gré des rééditions, on peut encore dénicher différentes versions, comme cette photo chapeautée de Jimi
, ou ces dessins façon science fiction ![]()
.
Mais le cliché qu'Hendrix désirait vraiment pour illustrer son album, ce qu'il tenta vainement d'expliquer dans un courrier adressé à sa maison de disques
, c'est celui-ci : Jimi et ses musiciens, posant avec des enfants au pied d'une statue
. Photo que l'on retrouvera plus tard dans le livret de la réédition cd.
Peu importe son habillage, après tout. A poil ou avec des fanfreluches, cette « Electric Ladyland » demeurera à jamais l'une des plus séduisantes faces de l'histoire du rock.


