Le parachute de Souchon
On le sait, Alain Souchon, le chantre des foules sentimentales, a décidé d'offrir gratuitement (pléonasme, mais précision pas inutile par les temps qui courent) un morceau de son prochain album, via internet. Ça s'intitule « Parachute doré », allusion mi-choquée mi-malicieuse à cette gâterie financière jusqu'ici destinée aux patrons sur le départ. Je dis « jusqu'ici », car la patronne des patrons, la bouillante Mme Parisot, a déclaré récemment haut et fort qu'elle comptait supprimer purement et simplement ce privilège un tantinet inique : vous plongez votre entreprise dans la faillite et vous vous barrez avec une confortable dot, éventuellement pour recommencer ailleurs. Même les Pieds Nickelés, pourtant orfèvres en magouilles diverses et variées, n'auraient pas imaginé plus belle arnaque... légale.
Bref, notre Souchon malin fait sa pub avec le talent gribouille et pas dupe qui le caractérise. Pour la petite histoire, le morceau en question, qui figure parmi les neuf titres du prochain album intitulé, comme le single, « Écoutez d'où ma peine vient », s'appelait au départ « Adieu mégaphones », puis « Golden parachute » avant de se franciser définitivement. Un titre plutôt « léger » et aérien, à côté de certaines chansons de l'album, dont une dédiée aux femmes en prison (« 8m2 »), une autre aux sans papiers (« Elle danse ») ou... aux trains de nuit d'antan (« Wagons lits »). Un disque sans Voulzy, mais de pur Souchon, entre mélancolie amusée et désespoir rieur (à sortir le 1er décembre).
Ce qu'on sait moins, c'est que notre héros pourfendeur de parachutes dorés, à défaut de finances, s'y entend en matière d'aéronautique. Le 29 avril 1984, en compagnie du pilote Gérard Feldzer, Alain Souchon a battu le record de vitesse de la traversée de la Manche à bord d'un avion amateur (sic). Le tout à la vitesse de 260 kms heure. L'histoire ne dit pas s'il portait un parachute. En or, forcément.


