Lantoine en entier
Donc, je persiste et signe, d'autant que le gaillard publie ces jours ci un cd « live » et un portrait en dvd. Ça s'intitule « A l'attaque !» et ça porte bien son nom, tout comme le premier album qui s'appelait, lui, « Badaboum ! » Car Loïc Lantoine bouscule tous les canons, les critères, les us et coutumes, les tics et autres rituels de ce qu'il faut bien nommer la chanson française. Lui préfère le terme « chanson pas chantée », qui convient mieux que « slam » ou « rap ».
Doté d'un gosier rocailleux que pourraient lui envier Tom Waits, Arno et Garou réunis (quoique ça n'ait rien à voir, ni à entendre), le Loïc stoïque balance ses strophes avec la conviction d'un harangueur de Hyde Park mâtiné d'un crieur de salle des ventes rue Drouot. Et quelles strophes. Depuis Léo Ferré, carrément, personne n'avait à ce point fait chavirer la langue française, mots chamboulés culs par dessus têtes (oui, avec lui, les mots ont un cul et un crâne), onomatopées toquées, stances en transe, glaires et pets. De la poésie académiquement incorrecte, qui sent la sueur et l'alcool, la hargne et la tendresse, les aubes mal rasées et les nuits blêmes. La vie, quoi.
En fait, il faudrait dire « Les » Loïc Lantoine, comme on disait « Les » Rita Mitsouko. Car sans l'indissociable François, l'alter-égal compositeur et musicien capable de transformer son violoncelle en orchestre bruitiste faisant le boeuf avec un groupe de heavy metal et un combo de jazz sous l'égide vrombissante de la Patrouille de France, Lantoine ne serait que Loïc. Un poète dingo et talentueux à qui il manquerait un porte-voix pour se faire entendre.
Je veux bien qu'on s'extasie devant les rimes d'un Grand Corps Malade ou les quatrains d'un Vincent Delerm. Comme on peut préférer Ronsard à Rabelais, Musset à Villon. Toutes proportions gardées, s'entend. Mais si les programmateurs radio, les bonimenteurs télé et autres professionnels showbiz d'une profession en voie d'extinction avaient à la fois ouïe et cran, c'est au stade de France qu'on applaudirait Loïc et François. Je réserve déjà une place dans la loge présidentielle.

le français c'est pas facile... "collé" aurait suffi.
Allez, pour une fois où tu ne disais pas du mal.
tout ce que vous voulez comme adjectifs, mais ya pas vraiment de mots. l'entendre, pour peu que vous souyez sensible à cette poésie, vous remue de l'intérieur.
c'est vraiment un mec extra qui gagnerait à etre plus connu.
effectivement,Bulou, le français n'est pas facile...
Que c'est vrai que c'est pas facile le Français où qu'il y pleins de mots qui sont pas pareils....
Pour donner une leçon, il aurait fallu écrire :
Le français {{ce n'est}} facile (nous sommes à l'écrit pas à l'oral) (…) pour une fois {{que}} tu ne disais pas {{de}} mal.