Antoine le globe-squatter
La première fois que je l'ai croisé, il déambulait en voiture à pédales dans les rues du village. Faut pas croire que c'était à l'époque des culottes courtes et des Mistral gagnants, non, ça se passait il y a à peine une quinzaine d'années. Déjà majeur et vacciné, l'Antoine. Mais écolo toujours. A l'époque, il réalisait des reportages aux quatre coins du globe, style je me balade en mongolfière au dessus de la forêt amazonienne ou je crapahute dans les entrailles d'un volcan africain. Le genre Nicolas Hulot, en plus rigolo, avec un zeste de Tintin sans Milou. Plus tard, il a eu une idée aussi simple que géniale, ça va souvent de pair : sillonner la planète tout seul, flanqué de deux mini caméras bricolées par ses soins, aborder les gens dans la rue et tenter de se faire inviter chez eux pour la nuit. On l'a vu ainsi s'introduire chez des bûcherons canadiens, bivouaquer sur l'Ile de Pâques ou ingurgiter de la vodka dans une isba russe. Ça a donné l'émission « J'irai dormir chez vous », qui continue d'être diffusée sur les chaînes du câble. Pendant les derniers Jeux Olympiques, on a pu apercevoir l'éternelle chemise rouge d'Antoine (j'en avais une comme ça quand j'étais scout) dans les artères pékinoises.
Mais à partir d'aujourd'hui, ce sont les écrans de cinéma qu'Antoine de Maximy va squatter. Sur le principe de son émission de télé, il a réalisé un long métrage qui s'intitule « J'irai dormir à Hollywood ». Une sorte de road movie, à pied, en stop, en parachute ou en corbillard, à travers les Etats Unis. Le but final : tenter de taper l'incrust' chez une star du box office, partager le breakfast de George Clooney (il a du bon café, paraît-il) ou emprunter la robe de chambre de Mel Gibson. Je ne vous dirai pas s'il y parvient ou pas, faudra aller voir le film.
Pourquoi vous parler d'Antoine de Maximy le baroudeur culotté dans un blog censé être consacré à la musique ? Parce que le film est agrémenté d'une bande son idoine, disponible en cd. Le compositeur Fabrice Viel et l'illustratrice sonore Béatrice Ardisson ont rassemblé des airs joyeusement swing, où les reprises des Bee Gees ou des Doors côtoient la country la plus rustique et la soul la plus endiablée. On écoute çà et, illico, on se sent l'envie d'attraper un sac à dos pour aller gambader sur les routes. Ou d'aller s'acheter une voiture à pédales.
J'irai dormir à Hollywood », la BO, chez Tôt ou Tard.
Bande-annonce (vo) 1 : J'irai dormir à Hollywood sur Yahoo! Vidéo


