Eartha nous quitte
Entre la dinde de Noël et le champagne du nouvel an, sa disparition est presque passée inaperçue : Eartha Kitt s'est éteinte le 25 décembre dernier, à l'âge de 81 ans. Si elle n'a jamais atteint la popularité d'une Aretha Franklin ou d'une Diana Ross, cette vocaliste polyvalente se distinguait par une voix à la sensuelle raucité et un physique de petit elfe gracile et félin, sans doute du à ses origines métisses (une mère noire cherokee, un père blanc). Orson Welles lui même, grand connaisseur devant l'Eternel, la baptisa « la femme la plus excitante du monde »...
Chanteuse, danseuse et comédienne (elle
interpréta, entre autres, le rôle de Cat Woman dans la série télévisée
« Batman »), son style vocal oscillait entre jazz, variétés et cabaret.
Capable d'interpréter « La vie en rose », à ses débuts, de
transformer en succès un chant de Noël intitulé « Santa Baby » ou de
décrocher un tube disco, « Where is my man », en 1984, la diva
polyglotte était célèbre aussi pour son tempérament tempétueux. Belle voix et
grande gueule : en 1968, invitée à déjeuner à la maison Blanche par l'épouse du
président Johnson, elle fit un esclandre à table en se lançant dans une
diatribe enflammée contre la guerre du Vietnam. Résultat : elle fut obligée de
quitter les Etats Unis jusqu'en 1974.
Parisienne de coeur (c'est là qu'elle débuta, en 1950), star de Broadway, couverte de Grammy et autres Emmy awards, celle qui fut la voix d'Yzma dans le dessin animé « Kuzco » était monté une dernière fois sur scène à New York, en septembre 2007. Elle trône désormais au panthéon des chanteuses immortelles, aux côtés de Joséphine Baker ou Bessie Smith.

