Y’a du plagiat dans l’air…
Joe Satriani :
Coldplay :
Un internaute bidouilleur s'était même amusé à réaliser un clip en superposant les deux morceaux, mais EMI l'a prestement fait retirer du web.
Après tout, certains argumenteront qu'il n'y a pas tant de notes que ça dans la gamme, et qu'il n'est pas si étonnant qu'on en retrouve parfois le même agencement, dans des musiques différentes. De là à crier au plagiat... Littéralement, le plagiat est l'imitation plus ou moins servile d'une oeuvre existante. Mais démarquage veut-il forcément dire pillage ? Un procédé jadis assez courant dans la musique classique : on sait que Haendel s'est parfois largement inspiré de Couperin, idem pour Gluck avec Bach et même Mozart, avec un dénommé Hullmandel.
Dans la variété contemporaine, les exemples ne manquent pas. George Harrison s'est vu accuser d'avoir plagier le « He's so fine » des Chiffons pour son tube « My sweet Lord ». Les Beach Boys d'avoir souvent décalqué les riffs de Chuck Berry. Rod Stewart de s'être inspiré d'un standard brésilien pour son « Do you think I'm sexy ». Michael Jackson d'avoir puisé dans des morceaux de Manu Dibango et du bluesman Syl Johnson . Prince a été traîné devant les tribunaux par deux compositeurs italiens qui avaient cru reconnaître dans « The most beautiful girl of the world » des extraits de leur chanson « Takin' me to paradise ». On n'a pas oublié non plus la retentissante affaire de « La Lambada » en 89.
Plus récemment, le groupe The Verve a du reverser une partie des droits de sa « Bittersweet symphony » aux Rolling Stones, en raison de son évidente ressemblance avec le classique stonien « The Last time ».
La liste est loin d'être close : Beyoncé, Britney Spears, Jay-Z, Franz Ferdinand et bien d'autres ont été soupçonnés de plagiat. Jusqu'à nos nationaux Lavilliers et Souchon, accusés l'un d'avoir reproduit des passages entiers de poètes français sans les citer, l'autre d'avoir copié son « Putain ça penche » sur un titre d'un obscur groupe intitulé PIG (sic). Ecoutez par exemple le tube de Kaolin, « Partons vite » : ça ne vous rappelle pas une chanson de Dylan, « I want you » ?
Sans parler du « Passenger » d'Iggy Pop, dont le riff a été souvent reproduit, entre autres dans « Femme libérée » de Cookie Dingler :
Avec l'avènement du sample, la frontière entre copie et emprunt est devenue encore plus floue. Daft Punk, par exemple, a largement utilisé des extraits d'oeuvres d'artistes comme George Duke, Barry White ou Sister Sledge. Le groupe Chic s'est fait sampler jusqu'à la moelle, sans parler de James Brown, involontaire champion du genre.
Alors, larcins ou hommages ? Imitations ou contrefaçons ? Il existe des tribunaux pour trancher. Sous les pavés, le plagiat ? Nous, prudemment, on se contentera d'affirmer que tant que la musique est bonne...

Bon OK, je la joue un peu provoc' parce que Satriani est un artiste et un guitariste fantastique a 1000 lieues de la daube pop des Coldplay.
Cheers.
Je suis plus indulgent quand des gens qui ont démontré leur talent se livrent à du copiage, Bowie qui reprend un riff de Muddy Waters pour "The Jean Genie" et l'avoue sans détours, riff réemployé par Sweet ("Blockbuster") et même quelques années plus tard par Goldman... il y a aussi le riff de Bohemian Like You" des Dandy Warhols qui ressemble à "Brown Sugar" des Stones... les arpèges de "Californication" des Red Hot qui évoquent le "Elevation" de Television (ok, c'est plus tiré par les cheveux mais ça donne l'occasion de parler de Television)... la fameuse affaire Queen/Vanilla Ice...
Et bien sûr la vidéo incontournable :
http://fr.youtube.com/watch?v=BCMDR0yrxMw
Les grands artistes devraient s'en balancer... Ils sont au dessus de ça. Est-ce qu'on s'imagine Iggy Pop pleurer pour l'abominable "femme libérée" ? Il sait très bien que Passenger reste une des plus grandes chansons rock avec son gros riff basique.
Ce n'est visiblement pas le cas de cet âne de Satriani. De toute façon, la plupart du temps, ce n'est pas tant pour des questions artistiques que financières...
Le gigantesque morceau Dazed and confused de Led Zepellin est construit sur une ligne de basse que Page a repiqué à un obscur chanteur de folk - qui a mis 20 ans avant de s'en rendre compte... et bien entendu de demander des droits. Si il avait bloqué avant, on aurait été privé de ce monument du rock... Je crois que ça résume l'affaire...