Le retour de l’autre Mick des Rolling Stones
Mon Taylor n'est sans doute plus très riche. Financièrement s'entend, car il a toujours dans sa besace des trésors de blues. De 1969 à 1974, Mick Taylor fit partie des Rolling Stones. Engagé en remplacement de Brian Jones, il participa à quelques uns des meilleurs albums du groupe, dont « Let it bleed », « Sticky Fingers », « Exile on main street » ou « It's only rock'n'roll ». On y distingue aisément son jeu de guitare, dont la fluidité mélodique épouse à merveille les riffs acérés de Keith Richards. Exemple live dans « Love in vain », morceau adapté par les Stones du standard de Robert Johnson :
Les exégètes affirment que
Mick Taylor fut le meilleur guitariste de toute l'histoire des Stones. Pourtant,
s'il tint largement sa place dans le groupe, il ne fut jamais un véritable
Stone. Réservé, pudique, toujours à l'écart, il fuyait les frasques de ses
collègues, largement contées dans les bouquins de Robert Greenfield, comme « STP,
A travers l'Amérique avec les Rolling Stones », ou le plus récent
« Exile on main street, une saison en enfer ». Dans ce dernier
ouvrage, qui se dévore comme un polar, Greenfield raconte dans le détail
l'enregistrement rocambolesque de l'album du même nom, dans la somptueuse villa
de la Côte d'azur louée par Richards en 71. Taylor, qui a assidument
participé aux sessions bien qu'il ne
soit crédité sur l'album que comme co-auteur
du morceau « Ventilator Blues », n'apparaît que furtivement
dans le livre. C'est que, de la fameuse
trilogie sexe, drogue et rock'n'roll, lui ne s'intéressait qu'au dernier volet...
Passionné de blues, il fit ses premières armes à 19 ans, dans les fameux
Bluesbreakers de John Mayall (après Peter Green et Eric Clapton) :
« I started walking », John Mayall and the Bluesbreakers, 1968
La première apparition de Mick Taylor au sein des Stones fut aussi une date historique: le célèbre concert de Hyde Park, le 5 juillet 1969, deux jours après la mort de Brian Jones. Un Mick Taylor tout timide, tête baissée, y inaugure son rôle de guitariste du plus grand groupe de rock du monde...
« Honky tonk woman » live à Hyde Park
Discret mais fidèle, dans l'ombre de Jagger et Richards, Taylor fut un fin tailleur de chorus sur mesure. Exemple, avec « Angie », tube stonien, sur lequel il brode de véritables dentelles guitaristiques :
En décembre 74, lassé des
excès de ses compagnons et du peu de reconnaissance de ses talents de
compositeur, Mick Taylor quitte le groupe, aussitôt remplacé par un Ron Wood
ravi de l'aubaine. On reverra sporadiquement le bluesman frustré en compagnie
d'autres artistes, comme Jack Bruce, ex bassiste de Cream, avec qui il aura une
collaboration éphémère en 75, avant d'accompagner aussi Bob Dylan.
Mick Taylor et Jack Bruce, "Keep it down", 1975
Avec Bob Dylan et Mark Knopfler, « License to kill », 1983
En 93, à l'occasion du départ de Bill Wyman, il fut un moment question que Mick réintègre les Stones, Ron Wood reprenant la basse. Une idée qui séduisait Richards mais que Jagger repoussa avec dédain. Depuis, le Taylor sans costard n'a cessé de jouer le blues partout où on l'y invitait, même si ses albums solo n'ont rencontré que peu de succès. Prétexte à admirer son jeu de bottleneck, dont il est l'un des spécialistes incontestés. L'homme qui ne voulait plus être un Stone sera en tournée en France dès le mois de juillet, dont un concert à Paris, le 2, au New Morning. L'occasion d'apercevoir, sinon un vrai Rolling Stone, une véritable pierre qui roule.
« Secret affair », 2009

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Et à mon avis, ce Taylor-là est encore mois "rich" que celui de l'article.
Sinon, c'est clair que Mick Taylor était le meilleur guitariste que les Stones aient eu, et si Jagger (avec tout le respect que je lui dois) n'était pas si orgueilleux, ça aurait pu faire quelque chose de sympa qu'il revienne.
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Heureusement d'ailleurs qu'il a su en partir à temps, échappant par le même au Barnum Circus qui écument le monde depuis 20 ans, répétant sans cesse les mêmes recettes éculées. Pour apprécier les Stones live, rien de mieux que le "Get yer yas yas out"; La guitare flamboie et enjolive les morceaux; aut'chose que Ronnie !!!
Notons que ses solos de guitare sont parfois plus intéressants que ceux de Taylor... et réécoutons également son extraordinaire travail avec les Faces.