Cris et strophes
Ecrit lun 30 juin 2008 10:51 CEST par Philippe Barbot in
C'est ma tournée !
Longtemps, je n'ai pas aimé Christophe. Pour de piteuses raisons, sans doute. « Aline » me rappelait fâcheusement la demoiselle du même prénom qui m'avait, crénom de nom, largué avec férocité (après, il y eut des Brigitte et des Catherine, mais point trop de chansons éponymes), même si moi je n'avais pas crié-hé pour quelle revint, on a sa dignité blessée. Quant aux « Marionnettes », c'est un sale souvenir de colo: une scie leit-motiv aux ateliers-animations que je haïssais (avec de la ficelle et du papier), sans parler des balades en car qui me flanquaient la nausée, pendant que mes petits camarades hurlaient à tue tête « moâ, je construiiiiiiis... ».

Bon, mais il n'y peut rien, le pauvre Daniel Bevilacqua. D'autant que, depuis, je me suis rattrapé, de mots perdus en paradis bleus, sans oublier les deux derniers albums, à l'électro barrée comme un film de Lynch. Tout ça pour dire que je me suis retrouvé, l'autre soir, chez le héros à la moustache neigeuse, pour parler de son dernier album, le bien nommé et magnifique « Aimer ce que nous sommes ». Notre capitaine Nemo bleu au crin blanc vit dans une sorte de bunker-paquebot planant au dessus du boulevard Montparnasse, orné d'une impressionnante collection de juke-boxes millesimés (il y en a même un, pièce rare, qui a été dessiné par Raymond Loevy lui même), de peintures coquines et de croquis gnolets (bien sûr), ainsi que d'une immense table de mixage ronronnante et clignotante (surtout depuis que son propriétaire y a renversé un verre de champagne, la classe...).
C'est là que le maestro concocte, la nuit exclusivement, ses étonnants collages sonores, où se juxtaposent sans peine la voix d'Adjani, le moteur d'une Ferrari ou les coassements d'un couple de corbeaux saisi sur la terrasse (les corbeaux, pas Isabelle). Et, surtout, par delà les nappes de synthés, les cors, les cordes, les cuivres et autres ustensiles de cuisine musicale, surnage l'étrange gosier du Beau Bizarre, à l'indescriptible acidité et aux suaves éraillements rouillés. Dans le genre, il n'y a que Manset qui puisse rivaliser. L'un comme l'autre adorent la réverbération, l'écho, le phasing et autres effets à l'efficacité sépulcrale, qui transforment de rustres cordes vocales en douces caresses wattées. Voilà qui devrait faire réfléchir, sans jeu de mots, à l'heure où l'on dresse des académies aux gueulards de tous poils.
A part ça, avec Christophe, on a parlé de blues, d'alcool et de femmes. Rien que l'essentiel. Ne reviens pas, Aline, on est très bien comme ça.
J'ai hate d'ecouter son dernier album.Encore une fois MERCI, CHRISTOPHE.
Merci
merci Christophe pour ttes tes chansons et être revenu sur le devant de la scéne pour notre plus grd plaisir!!
une fan des années 60
La chanson les mots bleus, que je considérais jusqu'alors comme une bluette pour collégienne, a alors pris tout son sens.
J'ai acheté "comme si la terre penchait", je suis resté scotché par cet univers.
Effectivement seul Manset m'avait autant bluffé.
Merci pour cet article
merci pour cet artiste
quant à la musique, il ne suffit pas d'être camé ou alcolo pou produire
les années 60: de la sous culture ou de la non culture?
Merci Christophe.
trés bien , ce que se passe trés rarement chez les critiques musicaux ,souvent devenus
vinaigres.
Merci Monsieur Christophe de durer malgré eux
et de nous donner du bonheur depuis notre
jeunesse qui revit grace à vous .
Il se bonnifie en vieillissant, tout ce qu'il fait est bien, c'est un vrai ...