Bandes de Gong
Quand j'étais ado, j'étais
Gong. Complètement Gong, même. C'est que ce groupe, ou plutôt cette tribu,
avait tout pour faire fantasmer les rejetons woodstockiens que nous étions, à
une époque qui semble aujourd'hui antédiluvienne. Gong, donc, communauté
baroque et bariolée de musiciens barrés et bordéliques, hantait les maisons des
jeunes et de la culture (prononcez MJC) de la
France des seventies. C'était au temps où les concerts de rock étaient
aussi rares que les cheveux sur le crâne d'un conscrit, où il fallait ramer
pour dénicher un disque de Tangerine Dream ou de Van Der Graaf Generator dans
un pays où l'on n'entendait à la radio que les meuglements de Sardou ou les
halètements de Cloclo. Pour nous, amateurs frustrés d'errances électriques,
Gong était une aubaine.
D'abord, ils vivaient en
communauté quelque part dans le sud, fantasme de n'importe quel lycéen parisien
encore cloîtré chez ses parents. Ensuite, ils se produisaient sur scène dans
des tenues extravagantes, avec des hélices sur la tête ou des plumes dans les
fesses, et leur musique, sorte de bric à brac dissonant mélangeant rock progressiste, free jazz,
pop expérimentale, science fiction et comptines enfantines, donnait illico l'envie d'aller fonder un
groupe de rock rien que pour faire la fête. Sur la planète Gong, monde
imaginaire et mythologique, il y avait
des lutins espiègles buvant dans des théières volantes, des gnomes batifolant
sur des tapis électroniques et des sorcières concoctant des potions magiques à
base de camemberts psychédéliques et de champignons hallucinogènes. Quelque
part entre un Lewis Carroll défoncé et un Alfred Jarry hippie, Gong c'était
vachement« abracadabrantesque » pour reprendre un adjectif remis au
goût du jour par un ex président de la république. C'est simple, à côté, Harry
Potter c'était Winnie l'Ourson... Exemple, filmé en 1990, à Nottingham :
Groupe franco-britannique
fondé par un australien, le mage Daevid
Allen, Gong a compté dans ses rangs des musiciens virtuoses comme le
saxophoniste Didier Malherbe, les batteurs Pip Pyle et Pierre Moerlen, le
claviériste Tim Blake ou le guitariste Steve Hillage. Ce dernier a,
entre autres, produit la plupart des disques de Rachid Taha et de Latifa, ce
qui ne l'a pas empêché de monter plusieurs groupes et de poursuivre une
carrière solo.
Après avoir connu de multiples
avatars (Acid Mothers Gong, New York Gong, Planet Gong, Gongzilla, etc..), et
pondu une bonne vingtaine d'albums (mes préférés : « Camembert
Electrique », « Flying Teapots » et « You »), les gars
de Gong reviennent dans leur formule quasi originelle, avec un nouvel album
baptisé « 2032 » et une tournée qui passera par la France au mois de
novembre. Quand on est Gong, on est Gong.
le site internet de Gong : http://www.planetgong.co.uk/

Il te semble bien.
you, flying teapot et angels egg oui !
la disco de daevid allen est très riche également et trop méconnue
par ailleurs voir
http://jemesouviensaroundthepop.blogspot.com/
ou toute intervention est bienvenue