Jimi Neutron
La question continue de tarabuster fans et historiens : que serait-il advenu de Jimi Hendrix s’il avait survécu à ce funeste jour du 18 septembre 1970 ? Se serait-il lassé de cramer ses grattes et de sculpter des riffs à coups de langue ? Serait-il devenu droitier, joueur d’ukulélé, rappeur, dj ? Aurait-il fait le bœuf avec Prince, dragué Madonna, soutenu Barack Obama ? Serait-il toujours une star, ou se contenterait-il de cachetonner, comme Mick Taylor ou Alvin Lee, dans de modestes cabarets de jazz ? On sait qu’avant de disparaître, le Gaucher Véloce préparait une collaboration avec Gil Evans et Miles Davis. Le Voodoo Chile, autodidacte rebelle à toute structure harmonique ou stylistique, avait-il l’ambition de devenir un musicien « sérieux », le genre dont on déchiffre les partitions dans les conservatoires ?![]()
On a coutume de dire qu’après Hendrix, la guitare électrique n’a plus jamais été la même. Qu’il a transformé l’instrument phallique en objet féminin. On s’est aperçu qu’une guitare avait des hanches, qu’elle pouvait gémir, sangloter et hurler pourvu qu’on la cajole entre douceur et violence. Avec sa guitare acoustique, Dylan a inspiré des quarterons de gratouilleurs du dimanche, de gosiers éraillés des petits matins nicotinisés de rigueur. Hendrix, lui, a dissuadé nombre d’apprentis. Impossible de l’imiter, ou plutôt, sans intérêt. Jouer comme Hendrix est absurde puisqu’on n’est pas Hendrix.
Plus que la technique, l’originalité ou le charisme, Hendrix avait le génie de n’être que lui, ce qui, pour un artiste, représente la quête ultime. De donner l’impression de réinventer le blues, de balayer le rock, d’épousseter le jazz sans même y prêter d’importance. Du coup, on excuse tout : ses approximations scéniques à la nonchalance arrogante (chewing-gum dans le bec), ses tenues d’Indien, ses reprises superfétatoires (« Wild Thing »), son côté diarrhéique qui a fait le bonheur mercantile de tant de vautours du disque.
Il y a peu, on a ressorti en dvd le fameux concert de Monterey, celui où il brûle sa guitare sur scène, au moyen d'une petite burette d’essence. Anecdote : l'une de ces Fender calcinées (c'est que le bougre en a cramé plusieurs) a été rachetée ensuite par Frank Zappa et exposée telle quelle, l’an dernier à la Cité de la Musique à Paris. Plus qu’une relique, un symbole : depuis que leur meilleur amant n’est plus là, toutes les guitares sont meurtries.

Quant au commentaire sur son chewing gum, c'est petit....Au fait Lennon chantait aussi avec un chewing gum.
Sans rancune
d'eve angelie et toutes les autre conneries