Prince moi, je rêve...
J’avoue, j’ai été fan. Au sens littéral du terme, c’est à dire « fanatique », autrement dit ardent dévot, aveugle adorateur, idolâtre mordu, fervent frénétique, forcené zélateur, partisan zélé. Je ne parle pas d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître, non, c’était il n’y a pas si longtemps, j’étais largement majeur, sporadiquement vacciné et, en principe sain de corps et d’esprit. Je passais de longues heures à hanter les échoppes sombres de disquaires hautement spécialisés et vaguement agacés, entre Paris, Londres et New York, à m’écornifler les phalanges sur des rangées de vinyles poussiéreux, à traquer les pressages exotiques et les bootlegs rayés. Rien que pour un seul artiste, Rogers Nelson, à l’époque plus connu sous le nom de Prince.
Je collectionnais tout ou presque : les maquettes mythiques avec Miles Davis, des kilomètres de chutes de studio et de live piratés, les maxi 45 tours avec des faces B inédites, le Black Album (avant tout le monde), sans parler des productions annexes, The Time, Mazerati, Vanity 6, Madhouse, Jill Jones, même l’épouvantable Sheena Easton. Je connaissais par cœur les pseudos qu’il utilisait pour produire d’autres artistes, Jamie Starr ou Joey Coco, Alexander Nevermind ou Christopher Tracy. Bref, j’étais aussi incollable que scotché, habile que débile.![]()
Je me souviens d’un soir où, en compagnie d’un copain tout aussi atteint que moi, j’avais planqué des heures en vain devant le domicile parisien de l’idole, avenue Hoche je crois. Des bousculades pour pouvoir assister aux célèbres « aftershows » de la star, qui, parfois, ne commençaient pas avant trois heures du matin. Des discussions animées pour savoir s’il s’inspirait plus d’Hendrix que de Little Richard, ou ce qu’il avait piqué d’harmonies aux Beatles et de gestuelle à Charlie Chaplin et James Brown.
Peu à peu, au fil de disques longuets et monotones, d’avatars (Love Symbol, Slave et autre Tafkap) un tantinet épuisants, j’ai délaissé l’objet de ma passion. Mais il y a quelques semaines, j’ai appris que son Altesse Sexynissime avait ordonné à tous les sites de fans (il en reste)qui lui sont consacrés sur la planète, de retirer illico toutes les photos ou les textes le concernant. Sous peine de poursuites et autres périls pénaux. Sacré Motherfucker. Prince moi, je rêve… Le même qui a tranquillement fait la nique à sa maison de disques en distribuant son dernier album (au demeurant pas terrible) via un canard britannique, adresse maintenant un magnifique bras d’honneur à ce qu’il lui reste d’amoureux transis. Ceux là même qui l’ont nourri pendant des années, à travers le site internet où Sa Préciosité Pourpre fourguait sa camelote.
Désormais, il ne restera de Prince que ce qui sera le fait du Prince. Pendant qu'on y est, pourquoi ne pas nous filer son mail perso et ses coordonnées bancaires pour qu’on puisse lui demander l’autorisation de continuer à l’écouter ?

Article bien écrit, comme j'aime et qui parfois peu faire comprendre le fanatisme qui touche certaines personnes.
J'aime pas Prince et pourtant je ne dirais des "conneries" pour décourager les vrais Fan.
Comme "tu" t'en doutes je suis un accro de "LA CHANSON DU DIMANCHE" et je pourrais réagir de la meme façon que toi lorsque tu les descendais en flamme car TOI tu ne les aimais pas; Tu es un vrai FAN, alors tu dois pouvoir comprendre qu'il y a des gens qui non pas tes gouts et tu dois les respecter.
Et en plus bert patrick c koi cette pute au dessus de toi elle se croit sur un poto ou koi la dingo
seulement vous avez eu de l'avance sur nous pour avoir les moyens à l'époque de le suivre, d'acheter ses disques, alors que nous, ado, n'avions pas forcément l'argent de poche qu'il fallait, donc on se contentait des miettes à la télé et à la radio!