Mes états d’America
L’autre dimanche à la campagne, orage, tempête, température automnale. L’occasion de faire des rangements. Retrouvé dans une pile de vieux vinyles, un disque tout craquant (où ai-je fourré ce damné chiffon « antistatique » qui dorlotait jadis mes sillons ?), un « best of » à la pochette colorée. Un bail qu’on ne l’avait pas sorti de son étui de cellulose. Une fois l’objet posé sur la platine, après le traditionnel « schtonk » du diamant qui dérape, une myriade grésillante de guitares acoustiques s’échappe des haut-parleurs. Madeleine de Proust. Je me revois à seize ou dix-sept ans, crin hirsute, lunettes à la Lennon, jeans pattes d’éph’, accroupi en compagnie d’indigènes de la même tribu, dodelinant religieusement de l’occiput en tirant sur un mégot carbonisé. « A horse with no name », fastoches les accords, fallait juste trouver la voix de tête adéquate.
America, drôle de nom pour un groupe. Imaginez un orchestre hexagonal qui se serait intitulé « France », le bide. Sauf que là, encore plus gonflé, ils étaient anglais, les America. De Londres. Je ne me souviens de rien d’autre, pas un patronyme de musicien (un trio, je crois), pas même un visage. À peine quelques titres de chansons. En gros, ça sonnait comme un
succédané de Crosby, Stills, Nash et des Eagles réunis, quelques ressemblances avec le « Harvest » de Neil Young, aussi. Le tout produit par George Martin, celui des Beatles, excusez du peu. Canevas de guitares sèches, harmonies vocales, mélodies au cordeau, juste ce qu’il fallait de mièvrerie pour provoquer un agréable engourdissement aux senteurs de feu de bois et de crépuscule flamboyant.
Je sais, America n’avait point les faveurs de la féroce critique rock. Trop lisse, trop poli, un tantinet gnan-gnan. De la country-folk grand public, bonne pour les futurs vieux hippies. J’assume. Mais là, trois décennies après, par un après-midi dominical morne et venteux, voilà que la magie fonctionne à nouveau. Comme le vieux camion de pompiers Solido retrouvé dans le grenier, à la peinture écaillée mais aux pneus quasi intacts. Nostalgie certes, mais surtout bonheur candide de renouer avec un passé à la douceur oubliée.Dimanche prochain, s’il ne fait pas beau, je ressors mes vieux Byrds.

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Merci.
C etait la meilleure periode !
Avant cette merde degoulinante premachée
qu on nous sort a des fins commerciales !
America, Poco, Eagles, Emmylou Harris,
The Marshall Tucker Band, The Nitty Gritty Dirt Band !!! Wow ! Heureusement qu ils n ont pas disparu !
Faut juste chercher !
Les temps ont changé et ce n est pas en bien
Je regrette mes 33 tours mais je n idealise pas !
Live long !
comme quoi, avoir été hippie, ça conserve ...