Festival des Inrocks : Jour 1, MGMT à l’Olympia
Pourquoi on a des petits yeux aujourd'hui ? Parce que le Festival des Inrocks a commencé hier tiens. C'était à l'Olympia, avec les jeunes Français de Coming Soon qui chantent en anglais, Fleet Foxes les gentils bûcherons barbus de Seattle, la nouvelle icône du folk Alela Diane, et enfin et surtout MGMT que tout le monde attend comme le messie - même si le messie n'était pas deux, rappelons le. C'est Coming Soon qui débute, dans un Olympia qui commence à se remplir : des kids venus d'Annecy (âgés de 15 à 26) qui ont dû, pour faire plaisir à Christine Albanel, se télécharger gratos l'intégrale des Byrds, de Televison et de l'antifolk pour jouer et chanter cette musique avec autant de justesse. Le public encore un peu clairsemé passe ses derniers coups de fil « vazy t'as réussi à rentrer ou quoi » et se concentre un peu plus sur Fleet Foxes. Fleet Foxes, c'est un premier album découvert cette, dans lequel on avait trouvé pas mal de l'Amérique qu'on aime : cette Amérique qui porte des chemises à carreaux, se laisse pousser la barbe et les cheveux, met des casquettes à l'effigie d'une marque de tondeuse, et le soir venu, s'assoit sur un canapé un peu usé pour faire des reprises de Crosby, Still, Nash & Young en caressant la fesse de son labrador entre deux morceaux (de musique pas de pizza) ,et pourquoi pas une gorgée de Bud. Bref on attendait donc un peu ça à l'Olympia, et rien que l'arrivée de la troupe sur scène ne nous a pas déçue - il y a avait tout les chemises, les barbes, le jean un peu troué parce qu'il s'est accroché dans la portière du pick up. La musique non plus ne nous a pas déçue : on a bien eu droit à ce folk un poil pastoral mais toujours illuminé là où il faut, celui-là même que les cinq de Seattle avait offert quelques jours plus tôt, en « concert à emporter », à nos amis de La Blogothèque. A l'Olympia c'était sur place, et on en a repris deux fois du coup, en se caressant la barbe de joie. De quoi se mettre en appétit avant l'arrivée d'Alela Diane et des chansons de son disque The Pirate's Gospel, dont la France est tombée littéralement dingue depuis plusieurs mois. Alela Diane, c'est aussi une Amérique qui porte du carreau, mais en robe cette fois. Une Amérique qui part le week-end en forêt avec des sandwichs au thon dans la glacière, un sac de couchage, de quoi faire du feu et bien sûr une guitare sèche - labrador et Bud en option. Avec ses musiciens et ses amis, Alela Diane sait d'ailleurs bien où elle veut nous emmener : on l'écoute en s'imaginant faire attention à ne pas tomber sur les rochers, on marche les yeux vers le ciel, on voit des cimes de sapin de temps à autres, et on imagine des chansons d'Hank Williams ou Bonnie Prince Billy qui pourraient couvrir un peu le bruit de la rivière.
C'est beau, c'est touchant, mais la vérité c'est que tout le monde attend MGMT n'en déplaise à Alela - et ouais c'est vrai que les sandwichs au thon dès fois... Dans les coulisses, les deux gandins n'ont pas l'air trop stressés. Andrew Van Wynegarden le beau gosse parle avec deux fans - dont une avec une mèche collée sur le front qui ne bouge pas (hyper étrange). Ben Goldwasser, qui porte déjà son t-shirt de scène à manches coupées, dit à un type qui doit être un ami ou un manager qu'il lui collerait bien une rouste au ping-pong, vu qu'il y a une table à disposition. Mais pas le temps d'attraper une raquette ; le groupe se retrouve déjà sur scène, avec ses trois musiciens, dont un guitariste qui a appris à tenir son instrument en regardant des clips de Metallica. L'intro est musclée, toutes les guitares son dehors Rien à voir avec l'accueil hilare que vous fait Time to pretend sur leur premier album, Oracular Spectacular. C'est qu'MGMT ne veux plus se traîner son image de petite sensation électro-hippie-psychélico-branchouillée. Le groupe attaque donc dur et surprend l'Olympia, surtout ce jeune homme que l'on voit débouler à côté de nous avec, dans ses cheveux longs, un bandeau qui fleure bon le patchouli. Comme le reste du public, notre sosie est un peu déstabilisé. Mais comme le reste du public, il se laisse happé tout doucement par le côté « prog » (du latin « rock progressif ») de la performance de MGMT. Ceux qui s'attendaient à remuer les fesses tombent plutôt sur une sorte de Pink Floyd 2.0, qui aurait laissé son pointillisme au placard pour miser sur une ambiance de kermesse rock branlante. C'est très étonnant, certains sont déçus (ceux qui vénèrent le disque), d'autres surpris, agréablement ou pas, mais l'on se réconcilié dans l'ensemble sur les morceaux évidents. Time to pretend, Weekend Wars ou Electric Feel soulèvent l'enthousiasme - et notamment celui de Vikash Dhorasso, que l'on voit dansouiller avec un sourire en coin. Mais c'est bel et bien Kids, le meilleur morceau du groupe (écoutez aussi le remix que vient d'en faire Soulwax, c'est une bombinette), joué dans une version karaoké-bandes plutôt rigolote, qui emporte le morceau et conclut la soirée dans la joie. De toute façon c'est bien connu, la vérité sort de la bouche des enfants.
Pierre Siankowski
Les Fleet Foxes sur la blogothèque
Le journal du festival en vidéo : Jour 1
Le journal du Festival sur le blog des Inrocks

Journaliste recyclé
Réactions débiles
Bienvenu chez Yahoo !
j'ai regardé la vidéo qu'a proposé Pierre et je ne comprend toujours pas pourquoi on a utilisé le nom d'un des meilleurs groupes du siecle dernier (voir si la star ac' et compagnie continue, de ce siecle aussi),que je nomme : les pink floyd pour un festival somme toute interessant et qui fait decouvrir des nouveaux talents.........est ce que Gilmour était dans le coin...??!!!!!
a+
Je t'embrasse
Anne, ex fan des Inrocks qui rit dans le bus quand tu dis des méchancetés sur les gens
SID
http://www.dogmazic.net/Sid
Laissez les journalistes s'exprimer et donner leur sentiment.
De toutes les façons on connait les Floyd sur les bouts des doigts donc pourquoi ne pas essayer d'imaginer ce concert avec cette référence plutot que d'interdire ou de critiquer bêtement le fait de citer ces leaders quasi incontestés du rock psychédélique Anglais des années 60/70.
On se doute bien que les MGMT ont encore du travail ...
Si vous voulez du neuf un peu moins pop, Grizzly Bear ou Animal Collective c'est vraiment du psyché comme à l'époque avec une écriture moderne en plus.
c'est de l'électro pop, je vous invite à découvrir.
sur myspace.com/thesaintcyr