Booba "0.9" : Interview + Chronique
Il aura fallu deux ans d'attente, deux longues années à user jusqu'au trognon le fabuleux Ouest Side, pour avoir enfin des nouvelles de Booba. Et croyez-nous, elles sont plus qu'excellentes : 09, son nouvel album, va propulser l'ex-Lunatic encore un peu plus haut au dessus du rap français. Là où beaucoup cherchent le salut dans la normalisation variéteuse, ou vers un hypothétique retour à l'ancienne école, B2O (dîtes « Bédeuzoh ») a lui choisi de se mettre dans la roue de ce qui se fait de plus classe aux Etats-Unis, tout en conservant son écriture et son phrasé inimitables. Ceux qui auront écouté en 2008 les incroyables disques de Lil' Wayne et de T.I., ou plus récemment Kanye West, vous le diront tout de go : Booba est une fois de plus dans les clous, et pas façon Chaussettes Noires qui vous traduisaient les tubes US avec le Harrap's et le dico des idées par les mots grands ouverts sur le pantalon en cuir. Avec 09, Booba a tout simplement mis au point un disque d'une grande modernité, où l'auto-tune (cette machine à vous faire chanter comme 6PO de Star Wars qui aurait bu du Campari, voir encadré) et les productions synthétiques lui ouvrent un véritable boulevard pour ce qu'il sait faire de mieux : exposer sa noirceur tout en se la racontant avec une classe dingue, à grand renfort de rimes impossibles, d'alitérations sauvages et de punchlines à consigner dans le grand livre des punchlines.
C'est à « La Verrière », un resto « chicos téloche » de « Boulbi » (Boulogne-Billancourt, 92), que Booba nous a donné rendez-vous pour évoquer son nouvel opus, au surlendemain du scandale qu'il provoquait au Stade de France, en lançant une bouteille de Jack Daniel's dans le public, exaspéré par les envois répétés de projectiles (bouteilles, téléphones portables, montres, etc...). Alors qu'il est ce jour-là en une des journaux - qui ne manquent pas de célébrer un nouvel acte de vandalisme dans le hip-hop -, B2O est plutôt décontracté. Large sourire, larges épaules, encore plus larges que la dernière fois. Il s'assoit et commande une menthe à l'eau au serveur qui l'a reconnu. Alors cette bouteille de Jack Daniel's ? « Si on regarde bien la vidéo, dès que j'arrive je me prends des trucs, donc c'est pas à la première bouteille en plastique que je m'énerve et que je pète les plombs. C'était à moi de faire ma sécurité en fait, il ne se passait rien, j'étais au bout. Je me suis énervé et peut-être que je n'aurai pas dû, mais bon... », explique Booba en touillant sa menthe au fond du verre. Alors que tout le monde lui prédisait l'ostracisme de tout le hip-hop français après ce geste, B2O s'en tire plutôt pas mal : son nom est alors en haut de toutes les pages d'accueil sur internet, les commentaires bons, mauvais, avec et sans fautes d'orthographe ou rigolos se multiplient - tout ça au moment où le premier single extrait de son album, Illégal (où il est justement question de Jack Daniel's), déboule sur les ondes FM. Avouez que c'est un pré-buzz assez intéressant. Quand on lui pose la question, B2O jure que c'est un hasard - et comme il est assez balèze on est tenté de le croire, hein. « Moi les polémiques, je m'en bat les couilles. Les mecs peuvent bien raconter ce qu'ils veulent, je ne vis presque plus ici, je fais mon taf, je reviens, je repars ». Après avoir séjourné à Londres, le gars Booba passe en effet aujourd'hui le plus clair de son temps aux Etats-Unis. « Je vis chez des amis : à New York, à Miami, à Los Angeles, je me balade avec mon ordinateur portable, j'ai tout dedans, ma musique, mes trucs de business », explique-t-il calmement. « Ma vie ça n'est plus le 92, c'est fini tout ça pour moi, je ne vis plus ici. Je mentirai si je me mettais en scène dans des ambiances de quartier comme Sinik. Je raconte ce que je vis tous les jours, c'est ça le hip-hop à la base, raconter son quotidien ».
Et c'est cette vie de numéro 1 du rap français, de pote de Tony Parker et de rouleur de mécaniques que raconte Booba dans 09, avec toute l'honnêteté qui a été la sienne depuis ses débuts. Il est question de grosses voitures, de filles qui se roulent à ses pieds en petite tenue, d'argent (un thème ultra-récurrent), de tous les suce-boule qui lui demandent un featuring, de la taille du sexe de Claude Makélélé, et aussi beaucoup, disons le à ceux qui n'aime pas l'auto-célébration, de la suprématie totale de B2O sur l'ensemble du rap français - suprématie que 09 ne vient que confirmer aujourd'hui. Et comme sur les précédents albums de Booba, on retrouve cette écriture à la fois directe et complexe, qui emprunte à tous les genres, qui crée de l'optique à chaque phrase, raconte en deux mots mieux qu'en dix, décale et met en parallèle. Il y a encore ces punchlines qui se recycleront dans les cours de récré, sur les chats ou même devant la machine à café. Allez une pour la route, extraie de Salade tomates oignons, l'un des meilleurs titres de l'album : « MC J't'encule / En chantant do ré mi fa sol la sodomie ». Hmmm. Booba : « J'en ai bavé sur ce disque, l'écriture n'a pas été simple tous les jours, mais j'avoue que je suis content, je me suis fait rigoler une ou deux fois, c'est bien l'essentiel », note Booba en finissant sa menthe à l'eau. La concurrence ? « Elle est saine, je sais que Rohff va sortir un disque en décembre. Je suis pressé de l'entendre. Mon objectif c'est d'être le numéro 1, je suis content quand des mecs m'obligent à me surpasser », explique celui qui jure à chaque fois qu'il ne fera pas de vieux os. « Ouais, je vais pas m'attarder, c'est sûr », répète-t-il avant de nous laisser poliment. Tout ce qui est rare est cher, c'est bien connu.
Pierre Siankowski - LesInrocks.com
Retrouvez ci-dessous l'interview exclusive faite par Eric Mandel et réalisée par Cédric Cohen :
Booba - "Illégal" :
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tout mes voeux de bonheur pour la suite.
Que Dieu t'éclaire.
Artiste toujours aussi protégé.
J'ai honte a mes oreilles,
Car j'aime ce que font ces deux la.
Est-ce que ce qu'ils ont a dire doit pardonner
ce qu'ils ont fait,ou feront?
Ont ils le droit de donner des leçons par leurs chansons?
Critiquer ou juger les érreurs d'autrui na jamais empécher d'en faire soi même.
Mais a voir leurs éccarts,cela me donne la volonté de ne pas les reproduire.
au lieu de chercher a immiter les rappeurs americains pour koi ne pas crée son propre style de rap genre soprano.
alors tes chansons nous soulent ok? pd de medeu
garde les pieds sur terre
qu'allah vous guide les freres
je ne sais pas ce que vous prenez au petit déjeuner, mais Bouba, c'est pas Ricoré...
La seule chose qu'il y a de bien désormais chez le 50 centimes de ce cher pays de merde (qui lui permet par ailleurs de faire " bling bling") , c'est les instrus. ça la musique est impeccable. Mais les paroles! Si des comiques comme les nuls, les inconnus ont voulus se foutre du rap, lui B20 les a surpassé en ridicule, et c'est peu dire.
Comment oser affirmer que cette tâche qui se targue d'être dealer-gangster ( en fait fils de docteur et d'avocat) est le n°1 du rap français? S'il s'agit juste d'une histoire de nombre d'albums vendus peut-être. Moi je vous le dis , c'est super facile d'imiter ce bouffon qui croit qu'en mâchant ses mots comme un illettré il fera plus racaille ( je parle juste d'imiter sa voix) .
Son message est plus que négatif, c'est une sublimation du système capitaliste dans tout ce qu'il a de plus malsain.
Aujourd'hui on a besoin de "vrai" révolutionnaires, pas un patron auto proclamé; dire que je croyais qu'il n'y avait qu'un seul fils à Sarko qui faisait du rap ! Je m'étais trompé.