Barât - Doherty : à la recherche de l'étincelle perdue
Tous les apprentis terroristes le savent bien, si vous associez du nitrate et de la glycérine vous obtenez de la dynamite. Avec les personnalités des rockers, ça marche aussi. Après Lennon-McCartney, Page-Plant ou Morrissey-Marr, on a expérimenté dans les 00’s l’association Doherty-Barât. Cette solution explosive était appelée The Libertines et n’a pas vraiment eu le temps de toucher le très grand public de son vivant. La dynamite a pourtant fait son effet et le duo a volé en éclats. Ces jours-ci sortent simultanément un live de Babyshambles et le deuxième album de Dirty Pretty Things. L’occasion de constater qu’il ne nous reste que des miettes. D’un côté, Pete Doherty qui depuis 2004 est devenu star grâce à de bien faibles arguments musicaux. Surtout lorsqu’ils sont comparés à son omniprésence dans les pages people des magazines, avides de sa liaison avec Kate Moss et de ses abus de drogues qui l’ont consacré “junkie“ de la décennie. Congratulations Mate ! Plus discret, Barât ne parvient pas, au sein de Dirty Pretty Things, à se séparer du fantôme des Libertines. Le guitariste ne semble toujours pas en mesure d’assumer son statut de leader du groupe sur Romance In A Short Notice. ![]()
On y retrouve bien des titres agréables, notamment “Best Face“ et surtout la très mélancolique “Truth Begins“, mais on a le sentiment que le cœur n’y est plus. Il garde pourtant une dignité et une générosité largement plus respectables que la désinvolture narcotique de Doherty. On a d’ailleurs eu l’occasion de croiser l’enfant terrible le 5 juin dernier. Bloqué entre Londres et Paris, il n’a pas pu arriver à temps pour se produire en solo au Grand Rex parisien. Le leader de Babyshambles est venu donner un concert impromptu au Truskel. Esclave de la vedette, le public a nerveusement attendu pendant trois heures avant de retourner la situation. Le regard vidé de la lueur que l’on guette chez tout rocker important, Doherty a enchaîné une poignée de titres de son groupe actuel comme des Libertines. Devant nos yeux se jouait un nouvel acte de la dérive du jeune homme devenu pantin à la merci d’un public avant tout prompt à dégainer l’appareil numérique. Que dire du live Oh What A Lovely Tour ?
Qu’il est un témoignage parfois sympathique mais surtout anecdotique du joyeux bordel que font les Babyshambles en concert (cf. le chaos de “Fuck Forever“). Doherty comme Barât sont tous les deux devenus dépassés par la légende aussi généreuse que puérile qu’ils ont créé et à laquelle ils n’ont que trop crue. Le pire c’est qu’une reformation des Libertines n’est même pas à souhaiter, elle ne serait qu’une pantalonnade lucrative. Doherty comme Barât se sont brûlé les ailes et semblent avoir perdu tout leur potentiel explosif. Réunissez-les à nouveau, à défaut de dynamite, vous obtiendrez de la nostalgie…
Dirty Pretty Things : Romance At Short Notice (Mercury / Vertigo)
Babyshambles : Oh What A Lovely Tour (Parlophone / EMI)

besoin qu'on parle de lui ?
peur de son image ou de la mort
triste "vedette"
un appart à Montparnasse, pauvre bébé !
nul