Les 10 meilleurs albums de 2008 - 1ère partie
À regarder ce classement, c'est toute une année qui défile dans le rétro. Notre rédaction a retenu les disques les plus mordants, les plus créatifs et les plus jouisseurs de 2008. De la 10e à la 6e place voici la première partie de ce Panthéon de l'année. Dénouement vendredi !
10 - JOHN & JEHN « John & Jehn » (Faculty Music/Discograph)
France, tu laisses fuir tes
cerveaux en Angleterre. Nicolas Anelka pour le football, les fabuleux John
& Jehn pour le rock à fleur de peau. Dans une autre vie, John & Jehn
s'appelaient Nicolas Congé et Camille Berthomier. A cette époque les deux ne
sont pas encore en couple. Le premier vit à Angoulême et enchaîne les
expériences rock sans lendemain, fréquente le groupe Asyl. La seconde se
partage entre un trio autoproduit, Motel, et une carrière de comédienne au
théâtre et au cinéma. L'un comme l'autre n'ont jamais compris pourquoi en
France le rock ressemble plus à Cali qu'au Velvet Underground. John : « Le Michel Sardou des Anglais, ce sont
les Sex Pistols ! » Il aura donc fallu que Nicolas et Camille se
réinventent en John & Jehn et organisent leur fuite. Destination Londres
pour parfaire ce genre de disque urgent qu'on ne peut écrire qu'en regardant le
chronomètre de la vie passer à toute blinde. La presse anglaise branchée adore,
la France va donc suivre. Une face pour Jehn et une face pour John sur ce mini
album 10 titres chanté dans un Anglais tendu. Dans toutes les chansons du duo
appelé à devenir important en 2009 passent la nervosité The Fall, le
minimalisme des Young Marble Giants, la beauté décharnée de PJ Harvey première
période. Parfois le grand disque inattendu de 2008 réussit même la jonction
entre Serge Gainsbourg et Ian Curtis. « Je
suis venu te dire que je m'en vais » car « Love will tear us appart ».
Jean-Vic Chapus
9 - Deerhunter « Microcastle / Weird Era Cont »
(Matador/Beggars)
Prolifique auteur-compositeur un peu
cinglé, Bradford Cox avait, avec son groupe, déjà piqué deux crises en 2007 :
« Fluorescent Grey EP » et « Cryptograms ». Ces brûlots
électro punk leur ont offert la clé de la cellule capitonnée où ils se sont
enfermés pour composer le ou plutôt les chefs d'œuvre schizophrènes que sont « Microcastle »
et « Weird Era Cont ». Face A : un folk rock décomplexé qui vire
souvent psyché (cf. le génial « Nothing Ever Happened »). Face B : on
repart dans les instrumentaux tourmentés. Force est de constater que Deerhunter
est arrivé là au point d'équilibre que Liars a longtemps cherché. Bien calé
dans sa camisole, Cox reste audacieux tout en se faisant plus direct. Le genre
de folies légères qui peut aider à surmonter la crise qui se profile pour 2009.
Marie Gallic
Shearwater « Rook » (Matador/Beggars)
À sa sortie en juin dernier,
nous attribuâmes à « Rook » la note maximale de six étoiles.
Pourtant, au moment d'établir nos fameux tops personnels de fin d'année, le
doute s'insinua. Le modeste Shearwater n'allait-il pas ployer sous la
concurrence ? On remit donc « Rook » sur la platine, prêt à en
découdre avec ce qui s'annonçait comme un probable emballement passager. Il ne
fallut pas plus de quelques secondes (le temps de l'intro bizarrement exsangue
de « On The Death Of The Waters ») pour nous remettre dans le droit
chemin : « Rook » fut bel et bien l'une des plus belles choses à
atterrir chez vos disquaires cette année et vous-mêmes qui lisez ces lignes, et
qui ne possédez pas ces 38 minutes de splendeur intouchable, devriez déjà être
en train de demander pardon à la divinité de votre choix pour avoir ainsi
péché. « Rook » voit son auteur, Jonathan Meiburg (ci-devant clavier
chez les laborieux Okkervil River et cerveau de Shearwater), transcender des
influences casse-gueule (Talk Talk, Tim Buckley, John Cale) avec une élégance
inouïe, jusqu'à faire oublier les catégories finalement totalement obsolètes d'indie
ou de songwriting. Shearwater fait de la musique d'un raffinement insensé, à la
fois cérébrale et sensuelle, charnelle et minérale - suprêmement belle. Allez
écouter le morceau « Rooks » sur leur page MySpace, vous comprendrez.
Et pour reprendre les termes de notre chronique (notre appel ?) du 18 juin
dernier : « cet album est incroyable, achetez-le ».
Maxime Chamoux
Coldplay « Viva La Vida Or Death And All His Friends » (EMI/Parlophone)
Il aurait été tellement plus
simple de détester ces lèches culs de Coldplay et leur pop racoleuse. Mais pas
cette fois-ci. Car assistée de Brian Eno, la bande de Chris Martin a accouché
d'un bon, très bon disque. Profond, romantique et méchamment accrocheur. Pas de
quoi élever des statuts à leur effigie, ce n'est que de la pop. Mais ne le
nions pas : de la très grande pop.
Nico Prat
6- MGMT « Oracular Spectacular » (Columbia/Sony Music)
Don't Believe The Hype, qu'ils disent. Ok, on fait de notre mieux d'habitude. Mais difficile
de nier la qualité des dix titres de ce premier album du duo new yorkais.
Bénéficiant de l'énorme production de Dave Fridmann (Flaming Lips, Mercury
Rev...), Ben et Andrew ont décidé de nous emmener faire une ballade sur la lune à
dos de chat (comme on peut le voir dans le clip de « Time To
Pretend »). Chouchous des rédactrices de mode et des hipsters de tous poils, MGMT n'en reste pas moins un duo
talentueux, qu'il s'agisse de faire danser les filles (« Electric
Feel », qui dit mieux ?) ou de provoquer un brin de nostalgie (les
textes de « Kids » et « Pieces Of What » sont des
merveilles du genre). Alors non, « Oracular Spectacular » n'est pas
qu'un album concept de type revival hippie. Il s'agit avant tout de dix titres
parmi les plus aboutis, ambitieux et émouvants de 2008.
Nico Prat
Top 5 en ligne sur ce blog vendredi !

I really like it
:D
'fin, c'est que mon humble opinion...