The Rakes : interview
Le 27 mars, les Anglais de The Rakes sortent leur troisième album, « Klang ». L'occasion de faire le point avec eux sur l'écriture et l'enregistrement. Une interview à retrouver en intégralité dans VoxPop n°9.
Alan Donohoe : Le rock est dominé par une équation mathématique très simple: plus tu as de temps devant toi, plus tu peux faire le tri entre tes chansons de merde et tes bons morceaux. Évidemment, cette équation ne s'applique pas aux Guns N'Roses. Toutes les années que ce groupe a passé sur « Chinese Democracy » n'ont servi à rien : à l'arrivée ce disque reste profondément atroce ! Quand tu bénéficies d'une année pleine devant toi pour écrire, disons, trente morceaux, il y a quand même de grandes chances que tu puisses choisir les dix meilleurs du lot avec le recul nécessaire. C'est dans cet esprit que nous avons entamé le travail sur « Klang ».
Berlin était un
choix évident pour partir enregistrer notre troisième album. Beaucoup plus que
Bagdad, si tu veux mon avis (sourire). De toute façon qu'est-ce que nous
aurions été foutre à Bagdad ? On nous aurait planqué en green zone,
entourés par les troupes américaines ou dans un hôtel de luxe pour reporters de
guerre. Il aurait fallu éviter les missiles et les bombes. Si ça se trouve,
nous serions morts. Trop dangereux. Et puis de toute façon, il y a cette
chanson sur l'album qui s'appelle « 1989 ». Elle ne parle pas du tout
de la chute du mur de Berlin mais plutôt d'une fille que j'ai rencontrée à
Londres pendant ma jeunesse et qui m'a durablement marqué. Elle venait
d'Allemagne de l'Est... Je ne veux pas en dire plus car on rentre dans le
tourbillon de mon adolescence...
À Londres, nous savons dans quels pubs nous allons nous retrouver, quelle partie de fléchettes nous allons entamer. Cette routine anglaise est devenue un ennemi pour l'inspiration... Elle nous ramollit le cerveau.
Nous avons débarqué à Berlin en octobre 2008. Toutes les chansons de « Klang » étaient déjà écrites. L'idée d'un album plus urgent et plus live faisait l'unanimité au sein du groupe. Pendant quelques mois, nous avons vécu dans un grand appartement sur la Karl Marx Allee. Impressionnant. Il faut imaginer une avenue incroyablement large avec d'immenses immeubles à l'architecture stalinienne. Tous les symboles de l'Allemagne de l'Est et du régime communiste sont encore bien présents.
Matthew Swinnerton : À Berlin, l'urbanisme et l'architecture changent constamment. Tous les deux mois, il y a une nouvelle boutique, un nouvel espace vert, un nouveau squat d'artistes. C'est infini... Et tout ça avec des loyers abordables. Impossible de tout comprendre à cet endroit du premier coup. Le poids de l'histoire existe, mais il n'y est pas écrasant. Ici, il est encore possible d'apporter sa contribution, d'exister dans la ville. Pour des artistes qui s'y installent, ce genre de choses est rassurant. Berlin n'a rien à voir avec Londres ou Paris, des villes qui vivent dans le passé. Dans trente ans, il est tout à fait possible que les monuments n'aient toujours pas changé de place...
CD « Klang » (Cooperative
Music) à télécharger sur iTunes en cliquant sur le lien. ![]()
Retrouvez l'intégralité de interview de The Rakes dans VoxPop, en kiosques et relais presse le 27 mars, et en vidéo sur www.voxpopmag.com

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