Bob Dylan en concert : Pour le meilleur et pour le pire
Vous aurez été encore des milliers à aller voir Bob Dylan en concert et comme toujours certains ne comprendront pas la prestation taciturne du vieux Zim. De tout mon cœur, je compatis, mais Bob Dylan semble à jamais résolu à ne pas se mettre en scène telle une attraction de Disneyland. Il est à prendre ou à laisser. Pour les déçus tant pis pour vos 70 Euros, quoique, vous pouvez réfléchir sur la démarche de Dylan ...
Qui reste encore majeur dans les "vedettes internationales" des glorieuses sixties ? Les Rolling Stones, Paul McCartney et Bob Dylan. Les deux-trois autres ont souvent du mal à remplir des salles de plus de 5000 places mondialement et surtout, leurs apparitions suscitent plus ou moins l'indifférence des médias généralistes.
Nos anciens leaders de la contre-culture rock mainstream des baby boomer sont toujours d'attaque pour venir gentiment faire les poches de plusieurs générations. C'est un peu le contrôle technique de la nostalgie collective.
C'est en tous cas plus le cas pour ce qu'il reste des Rolling Stones et pour Paul McCartney. Loin de moi de vouloir ici critiquer une seule seconde des héros que je suis allé applaudir jusque dans des horreurs comme le Stade de France, mais les Stones et McCartney en live, ça reste une attraction Disneyland plus ou moins émouvante pour les amoureux du binaire. Oui, a plupart des morceaux sont des chef d'œuvres et donnent un plaisir nostalgique mais sincère à être entendus dans des versions proches des originales. Il reste que les chansons ne vivent plus, elles font partie d'un programme, elles sont interprétées. Finalement, elles sont ce que le public est venu voir.
Bob Dylan a une approche différente de tout cela. Dylan n'est pas un entertainer, il n'est pas sympa avec son public. Il ne lui fait pas croire qu'il ne vient que pour le satisfaire. C'est là, la grosse différence avec les Stones et McCartney. Dylan tourne sans s'arrêter depuis 1989. Il ne fait pas de service après vente d'album ou de compilation. Les disques sortent, mais Dylan tourne tout le temps.
On aimerait venir reprendre en cœur les titres comme on le fait dans sa voiture à l'écoute d'un bon vieux "Like A Rolling Stone". Le problème c'est que les versions sont assez déconcertantes, il s'agit de relectures d'un monsieur de 67 ans en 2009, pas de l'interprétation de chansons des années 60 comme au bon vieux temps. Dylan est un troubadour moderne. Ses concerts demandent une attention particulière et une sensibilité au vocabulaire musical américain traditionnel.
Le hasard a voulu que je vois Bob Dylan en concert en 2002 juste après la sortie du film incroyable des frères Cohen "O' Brother" avec George Clooney. Sans expliquer le film à ceux qui ne l'ont pas vu, j'encourage tous les déçus de Bob Dylan en concert de le découvrir au plus vite si ce n'est pas déjà fait. Dedans, vous aurez un accès loufoque mais formidablement significatif à tout l'univers traditionnel dans lequel la démarche et l'écriture de Dylan s'inscrit.
Plus que recommandé également, le visionnage du chef d'œuvre de Todd Haynes "I'm Not There" qui prend la peine de mettre en scène la personnalité hors du commun de Dylan plus que sa vie. Todd Haynes déclarait d'ailleurs à propos de Dylan dans les colonnes de VoxPop en décembre dernier :
« Pour moi, le fil conducteur de sa vie, c'est sa faculté à se réinventer en permanence par ses revirements brusques. Cette attitude est son manifeste musical. »
Bob Dylan n'est pas un homme de nostalgie, c'est un des derniers artisans de la musique qui semble avoir décidé de finir sa vie sur la route. Il est bon de comprendre sa démarche et d'appréhender son langage avant de grogner parce qu'il n'a pas mis en marche le juke box. Il est bon de se rappeler aussi que nous pouvons être un publique sensible, et pas seulement émotif.
Benjamin Durand
Clip du Remix 2007 de la chanson “Most Likely You Go You Way And 'll Go Mine“ par Mark Ronson
http://www.voxpopmag.com
VoxPop n°9 "Tous Ecrivains", disponible en kiosques et relais presse

On le sait bien, Dylan n'est PAS un entertainer, c'est au public d'aller vers lui.
On peut être un songwriter génial et un "performer" très moyen, c'est vrai aujourd'hui dans son cas, tout Dylan qu'il est. (l'âge n'étant pas une excuse)
Mais le pire à ce concert au Palais des Congrès, c'était vraiment le son. Une vrai cata, hyper medium agressif, aucune définition. Comment peut-on en 2009 faire un son live aussi pourri, cela me consterne, vu le prix des billets...
Dernière chose: l'"oeil qui voit tout" projeté en énorme sur le fond de scène, comment l'interpréter? : Dylan veut il éveiller les consciences au danger du Nouvel Ordre Mondial?