PJ Harvey & John Parish : Paris, Bataclan 17 mai 2009 - Live Report
Unique, traditionnel, organique, le duo et ses compères a comblé le public du Bataclan. Deuxième concert ce lundi.
On dit souvent PJ Harvey secrète et mystérieuse. Elle a pourtant la bonté de faire profiter ses fans de la récréation musicale que semblent constituer pour elle ses albums avec John Parish. On s'en est encore rendu compte hier au Bataclan. Polly Jean ne fait que chanter les paroles qu'elle a écrites sur la musique de son mentor du Dorset. Accompagné de solides mercenaires chevronnés comme Eric Drew Feldman, le duo enchaîne les compositions tordues et complètement originales tirées des excellents "Dance Hall At Louse Point" (1996) et "A Woman A Man Walked By" sorti il y a quelques semaines.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas ses disques disons que les chansons ont un potentiel tubesque assez proche du néant mais qu'elles dégagent une intensité émotionnelle impressionnante. Ça arrive souvent qu'en interview, des musiciens plus ou moins connus déclarent aimer telle ou telle chanson d'un autre artiste au point de regretter de ne pas l'avoir écrite. On imagine assez mal voir quelqu'un dire la même chose des chansons de PJ Harvey et John Parish. Non seulement elles n'ont ni queue ni tête, mais surtout, l'interprétation qu'en fait le duo leur donne tout leur sens.
C'est le premier titre du dernier album "Black Hearted Love" qui introduit le spectacle. Une sorte de mise en jambe, jouée un peu mollement d'ailleurs. Depuis le public, on apprécie les musiciens disposés en ligne avec la batterie singulièrement rabattue côté Cour. PJ Harvey est entourée d'hommes, tous plus vieux qu'elle, qui portent le chapeau comme pour donner l'impression qu'ils sortent du tournage d'un western crépusculaire de Clint Eastwood.
On prend ses marques quand John Parish empoigne un banjo pour le titre le plus incroyable du dernier album "Sixteen, Fifteen, Fourteen". L'intensité va crescendo et PJ Harvey joue à merveille son personnage d'idiote du village en furie. Place à la batterie avec balais et au riff aussi rugueux qu'anguleux de "Rope Bridge Crossing" pour un bonheur bluesy de trois minutes. PJ Harvey est présente mais discrète. Elle semble ravie de ne pas avoir les incontournables de sa carrière solo à jouer, ravie de n'être que la chanteuse d'un orchestre avant tout soucieux de faire ressortir l'aspect organique de sa musique.
Benjamin Durand
PJ Harvey & John Parish : "A Woman A Man Walked By" (2009), "Dance Hall At Louse Point" (1996) Island Records - Universal

Plus serieusement cet album est magnifique, boulversant...il ma rappelé l'album solo de Pj harvey "Is This Desire?" en 1998...c'est son meilleur album depuis bien 2000. Superbe travail de John Parish. Je suis deçu de pas avoir pu assister a ce concert...merci pour la review.
Vive Rock, vive le punk rock, vive le son.
mon expression....http://myspace.com/inox1