Interview de James Murphy (LCD Soundsystem)
Le 16 juin, le musicien producteur new-yorkais sera le DJ star d’une soirée au Social Club de Paris. Profitons de l’occasion pour reprendre le contact et, surtout… en savoir un peu plus sur l’avenir de LCD Soundsystem. « Disons que vous allez trouver notre troisième album atroce… et ensuite vous allez obligatoirement l’adorer ! »
Que peut-on savoir d’ores et déjà sur le troisième album de LCD Soundsystem ?
James Murphy : Il n’a pas encore de titre. Ce disque devrait sortir en 2010. Si tout se passe bien … hum… en mars. Il n’y aura pas de grande différence dans le style avec nos deux précédents enregistrements. Je ne suis pas très fort pour crier sur les toits que mes disques sont des traits de génie. Disons que, normalement vous devriez trouver notre troisième album atroce… et ensuite, si tout se passe comme prévu, vous allez obligatoirement l’aimer. Allez, je veux bien admettre que ce nouvel album, c’est ce que nous avons fait de mieux jusqu’à présent. Enfin, c’est un point de vue personnel.
Dans quelles conditions enregistrez-vous ce disque ?
J’ai loué une grande maison à Los Angeles pour les besoins de l’enregistrement. Nous avons construit notre studio personnel dans la pièce principale. Une fois tous les équipements installés nous avons travaillé pendant trois mois sans nous arrêter. Trois mois c’est le maximum pour un album ! J’ai toujours fonctionné de la sorte. La grande différence pour ce disque c’est qu’ici il y avait une énorme piscine, beaucoup d’espace et toute l’ambiance d’une grande ville. Normalement je peux devenir totalement taré dans les grandes villes, mais cela me rend plus productif aussi. Je picole nettement plus dans les villes, mais je bosse mieux aussi. C’est un marché correct, vous ne trouvez pas ?
Récemment la France s’est dotée d’une loi qui s’appelle Hadopi. Ce texte criminalise les internautes téléchargeant toutes sortes de produits culturels en les menaçant de leur supprimer leur accès internet. Avez-vous une opinion sur ce débat ?
D’un côté je pense que personne n’a le droit de télécharger des disques sans payer. D’un autre côté, honnêtement, je ne trouve pas cela si grave que ça. Je fais partie de ces mecs totalement indécis sur le sujet. J’avoue que je pense surtout à mon cas personnel de musicien et de patron de label avec DFA. Il m’est arrivé de souffrir du téléchargement de mes disques et il m’est arrivé de gagner un nouveau public justement car plein de gamins s’étaient mis à choper mes morceaux en peer to peer sans rien payer. Cela ne les a pas empêché ensuite de venir voir LCD Soundsystem en concert. Conclusion : on ne devrait pas légiférer sur un sujet qui peut être interprété de plusieurs façons.
Selon vous, quel est le juste prix d’un disque en 2009 ?
Pour moi seul l’artiste a le droit de décider combien vaut une de ses « œuvres ». Le problème du monde dans lequel on vit c’est que beaucoup trop d’intermédiaires essayent de fixer une valeur objective à notre musique. En tant que créateur j’ai le droit de décider que demain je peux sortir une seule et unique chanson et je peux décider que je veux la vendre au prix de… 1 million de $. C’est mon droit le plus absolu. Comme c’est le droit le plus absolu du consommateur de refuser de payer 1 million de $ pour une pauvre chanson. Maintenant, entendons-nous bien, j’ai quand même du mal à piger pourquoi une bande de gusses qui zonent sur internet vont s’accorder le « DROIT ! » inaliénable de choper de la musique gratuitement. Ça ne peut pas marcher, les gars…
L’Amérique, telle que vous la connaissez, a-t-elle changé depuis l’élection de Barack Obama ?
Un peu…, mais pas tant que ça… C’est le monde autour de notre pays qui a changé depuis ces présidentielles. Maintenant on ne nous regarde plus de la même façon que pendant les années George W. Bush. Ma bonne vieille Amérique, elle, continue sur le même chemin. Je l’aime comme cela…
Propos recueillis par Jean-Vic Chapus
www.voxpopmag.com
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