Best Of des clips de The Prodigy
Le compte à rebours à commencé pour le prochain Rock En Seine. Revue des têtes d'affiches du Festival. Aujourd'hui, retour en clips sur Prodigy...

CHARLY (Experience - 1992)
La toute première contribution à grande échelle de The Prodigy à la musique dite "rave" se prénomme "Charly". Il y a bien eu le 4 titres "What Evil Lurks" (qui reprenait des extraits des maquettes que Liam Howlett allait faire écouter aux maisons de disques), mais "Charly" constitue le vrai premier pas en avant pour ce qui n'était jusqu'à présent qu'un quatuor de branleurs s'étant fait un petit nom hors de leur ville d'origine, Braintree, dans l'Essex (Angleterre). Numéro 3 des charts britanniques, tout de même, et surtout le début d'un mouvement plus large, que les journalistes nommeront "hardcore rave", alors qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que d'electro. Sous testostérone, certes, mais de l'electro tout de même. "Charly" donc, sorti tout juste six mois après le premier concert du groupe qui se compose alors de Liam Howlett (compositeur et tête pensante du projet), Keith Flint (danseur flippant), Maxim Reality (MC et chanteur, de son vrai nom Keith Palmer) et Leeroy Thornhill (danseur et claviériste qui quittera le navire en 2000). Prêts à en découdre avec le monde, ils livrent dans la foulée un premier album incroyablement riche et violent, "Experience". Mais déjà, ils ont la tête ailleurs, et veulent se démarquer de cette scène qu'ils ont pourtant contribué à créer, et dont ils sont, bien malgré eux, les leaders.
THEIR LAW (Music For The Jilted Generation - 1992)
Bien plus influencés par le rock que leur musique ne le laisse penser au premier abord, et fort du succès de leur premier opus, le groupe s'enferme en studio pour accoucher de "Music For The Jilted Generation". Les réactions ne se font pas attendre très longtemps: numéro un des charts. Cette musique pour la génération délaissée trouve indéniablement son public, malgré (et peut-être un peu grâce à) une pochette hideuse, et les critiques sont dithyrambiques. Déjà, la musique de The Prodigy dérange, en particulier sur le single "Their Law", et la phrase "fuck'em and their law", une attaque directe contre une loi anglaise de 1994 criminalisant les raves parties. Alors qu'à la réécoute de l'album, on ne peut s'empêcher de penser que les années 90 ne vieillissent pas toujours bien, "Music For The Jilted Generation" a conservé, plus de dix ans après sa sortie, son statut d'album fédérateur. Zane Lowe, l'année dernière, diffusa l'intégralité du disque dans son émission de radio. Il figure également dans le livre "1001 Albums You Must Hear Before You Die", de Robert Dimery, paru en 2006. Pas mal, vraiment pas mal, mais après une tournée mondiale (dont un concert en tête d'affiche au festival Lollapalooza), il est déjà temps pour The Prodigy de penser à la suite. Et deux ans plus tard...
SMACK MY BITCH UP (The Fat Of The Land - 1997)
... débarque "Firestarter", avec pour la première fois Keith Flint au chant. Keith Flint dont le nouveau look permettra d'ailleurs d'ancrer le nom et l'image du groupe dans l'esprit des masses. Envoyé en éclaireur avant "The Fat Of The Land", ce titre, à l'image des neuf autres composant ce troisième opus, deviendra la bande son des années 90 et d'une Angleterre au centre des regards, reine de l'échiquier pop. Numéro un des classements britanniques bien sûr, mais aussi aux Etats-Unis, où le disque s'écoulera à plus de 2 millions d'exemplaires. Mais "The Fat Of The Land", c'est aussi cette pochette, culte, et cette controverse autour des paroles de "Smack My Bitch Up". En effet, les féministes de la National Organization for Women (NOW), manifestement à côté de leurs pompes, ont violemment critiqué le groupe pour le texte du single, le considérant comme une attaque envers les femmes. Difficile de parler de texte quand l'intégralité des paroles se résume à "change my pitch up, smack my bitch up". C'est une chose. Mais il aurait peut-être également fallu les prévenir que cette phrase est en réalité un sample d'un titre de Ultramagnetic's MC's (ce que la vidéo ci-dessous explique très bien). Les magasins Wal-Mart et Kmart retireront à la suite de cela l'album de leurs rayons, alors qu'il y figurait en bonne place depuis déjà plusieurs semaines. Cela n'empêchera pas "The Fat Of The Land" de faire un carton, bien au contraire (quoi de mieux qu'une petite controverse pour faire parler de soi ?), et de devenir l'un des albums fondateurs de la décennie (et le dernier de The Prodigy avant un bon bout de temps).
SPITFIRE (Always Outnumbered, Never Outgunned - 2004)
Après un single très mal accueilli, "Baby's Got A Temper", accompagné d'un nouveau débat sur les paroles (qui font référence à la drogue dite des violeurs, le Rohypnol), Liam Howlett décide de faire le ménage, et enregistre le successeur de The Fat Of The Land... seul. Exit Keith, Maxim et Leeroy (qui lui ne reviendra pas), et welcome Juliette (Lewis), Liam (Gallagher) et Kool (Keith, rappeur américain). Avec "Always Outnumbered, Never Outguned", la tête pensante livre le disque le moins frappant de la carrière du groupe. Fade et quelque peu raté, il n'atteindra pas les chiffres de vente des précédents, mais touchera malgré tout un nouveau public. Nous sommes en 2004, et les kids trop jeunes dans les années 90 pour apprécier le cocktail molotov Prodigy, sont aujourd'hui au premier rang à leurs concerts. Seul maître à bord donc, Liam Howlett invite son beau frère Liam Gallagher a chanté sur "Shoot Down" (titre sur lequel Noel Gallagher joue également de la basse), tandis que l'actrice et désormais chanteuse Juliette Lewis prête sa voix à "Spitfire" et "Hot Ride", tous deux sortis en singles. Peu avant la sortie du disque (qui ne restera qu'une seule petite semaine en tête des ventes en Angleterre), Howlett s'exprimait ainsi au sujet de ce quatrième album: "This album is about reminding people what The Prodigy was always about — the beats and the music". Pari à moitié réussi.
INVADERS MUST DIE (Invaders Must Die - 2009)
Le nouvel album de The Prodigy, "Invaders Must Die", constitue le vrai retour aux sources. Moins rock, plus proche du son des débuts, et surtout, de nouveau avec Keith Flint et Maxim Reality aux côtés de Howlett. Le résultat sonne parfois indigeste ("Warrior's Dance", "Omen"), mais fait souvent preuve d'une efficacité certaine ("Invaders Must Die"). Et bizarrement, à l'aube de l'année 2010, The Prodigy n'a jamais autant sonné 1990. Bon signe ? Réponse attendue le 30 août à 22h, dans le domaine de St Cloud.
Nico Prat
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