Yahoo! Services

Account Options

Nouvel utilisateur ? Créez votre compte Ouvrir Session Aide

Yahoo! Search

Blogs Yahoo! Music

Bill Callahan, en route pour les festivals !

Ecrit mer 29 juil 2009 16:55 CEST par Voxpop Music in VoxPop

Deuxième album sous son vrai nom et deuxième chef-d’oeuvre intouchable pour Bill Callahan. Où quand le penchant pour un certain classicisme (violons, pianos, batteries mates et tout le bazar) aboutit non pas à l’affadissement des saveurs corsées des années Smog, mais à leur affirmation sereine et sublimée (par le temps, les mélodies, la réflexion, etc.). A l’inverse d’un Bonnie ‘Prince’ Billy dont on peine à comprendre l’engouement permanent que ses derniers albums suscitent, voici LE grand songwriter américain de son époque. Il se produira au festival de La Route Du Rock le dimanche 16 août, et à Rock En Seine le vendredi 28 août.

On plaindrait presque les adorateurs acharnés des tout premiers albums de Bill Callahan, alors tapi derrière l’idiome Smog, ces enregistrements ultra-lo-fi tels que « Julius Caesar»  où la violence sourde était justement assourdissante et où le souffle de la bande semblait cracher des choses encore plus horribles que celles racontées par l’homme au micro. On les plaindrait presque, ces maniaques de l’authenticité rugueuse made in 4-pistes-land car Callahan n’a eu de cesse, à l’instar de son ex-âme soeur Chan Marshall, de faire évoluer, jusqu’à la remettre frontalement en cause, la forme extérieure de ces enregistrements initiaux. Par une incompréhension qui confinait parfois à la surdité, Smog fut donc longtemps étiqueté comme « folk lo-fi dépouillé»  alors même que sa discographie devenait de plus en plus ample et lumineuse avec le temps (cf. le splendide et presque apaisé « A River Ain’t Too Much To Love» , 2005). Pour expliciter peut-être cette volonté de larguer les amarres avec un nom de projet dont les représentations n’étaient plus en accord avec les aspirations de son auteur, Bill Callahan sortit en 2007 un premier album sous son vrai nom, le chef-d’oeuvre passé sous silence « Woke On A Whaleheart» . Un vrai déclic : ce songwriter qu’on présentait comme psychorigide et volontiers sinistre livrait une petite dizaine de chansons plantureuses pleines d’une langueur et d’une indolence étonnantes (» Sycamore» , « Diamond Dancer» ), contrebalancées par une acuité textuelle au sommet de son art et totalement bouleversante. On comprit alors – un peu tard certes – que ce qui faisait Smog/Callahan n’était pas tant une complaisance à l’égard de ce qui dérange qu’une exigence impérieuse de vérité. Or, cette vérité, selon les époques, les aléas de la vie, les films qu’on voit ou les disques qu’on écoute, est sans cesse changeante. Nous sommes en 2009 et Bill Callahan vient de sortir « Sometimes I Wish We Were An Eagle»  – un album dont on ne voit pas ce qui pourrait l’empêcher de nous accompagner loin au-delà du simple titre de « notre album de l’année» .

 

En 2009, Bill Callahan poursuit donc sa route vers le souple, le délié, et arrange ses chansons comme il n’a encore jamais osé le faire – avec force cordes et claviers. Les premières flottent bizarrement dans l’azur comme chez Harry Nilson, les seconds font des ronds dans l’eau autour desquels s’enroulent les mélodies toujours plus dociles de notre baryton préféré. On se rend compte a posteriori de l’importance qu’a eu dans sa vie d’artiste l’écriture d’un titre tel que « Sycamore»  dont l’ombre bienveillante plane sur tout ce nouvel album, et en particulier sur « Jim Cain»  sublimissime pièce d’ouverture où Callahan profite du moelleux d’édredon de la mélodie pour établir un constat lapidaire et désarmant de lucidité sur son propre parcours : « I started telling a story without knowing the end» . Neuf mots d’une simplicité biblique qui décrivent avec une exactitude peu commune ce qui prendrait des mois chez le chroniqueur lambda. Neuf mots qui mettent à nu la beauté sauvage et le pouvoir de fascination d’une musique qui semble se construire à mesure qu’elle est jouée et écoutée, dénuée de plan d’ensemble, dépourvue de destination précise, passant et repassant si fermement et inlassablement sur sa terre de départ qu’elle finit par la sublimer en un autre élément. Ainsi, à la fin de « Too Many Birds» , Callahan construit une phrase (« if you could only stop your heart beat for one heartbeat» ) en la répétant et en lui ajoutant à chaque fois un mot supplémentaire, lequel ne cesse d’en modifier le sens, jusqu’à ce que la dernière syllabe ne soit dévoilée. Les passages obligés n’existent pas, les raccourcis non plus. Pas plus que les petites facilités apprises dans le grand livre de la composition ou de l’écriture.
Callahan, plus que jamais, reste fidèle à sa quête de la note juste, du mot vrai, celui qui est encore plus beau que celui auquel on pouvait penser, mais qui pourtant ne sonne pas « joli» . Cette démarche implique d’évoquer, avec autant de générosité et de précision que les victoires, les échecs (de la mémoire sur « Eid Ma Clack Shaw» , de la réciprocité amoureuse sur « Too Many Birds» , de la foi sur « Faith/Void» ) ou même les méandres d’une existence non linéaire (« I used to be darker/ then I got lighter/ then I got dark again»  sur « Jim Cain» ). Il faut donc répéter certaines choses, revenir dessus – quitte à prendre le risque de lasser l’auditeur – ou au contraire ne pas s’attarder sur d’autres, en apparence plus remarquables. Simplement parce que c’est vrai et qu’il n’y a pas d’autre façon de le dire vraiment. « Sometimes I Wish We Were An Eagle»  est l’illustration estomaquante d’un artiste pour qui la musique a toujours été le lieu d’une certaine exactitude du ressenti à l’exprimé, et qui voit aujourd’hui cette exactitude prendre l’ampleur des grands classiques (Leonard Cohen et Lou Reed en tête). Simplement parce qu’elle est encore plus belle, plus subtile, plus intelligente et bouleversante qu’il y a 16 ans.

 

 

Par Maxime Chamoux

www.voxpopmag.com

0 Commentaires
Laissez votre commentaire
Vous devez ouvrir une session pour laisser un commentaire
Choisir un Blog Posts
Adeline au pays du hip hop
par Adeline Lajoinie
59
Artiste du mois
par Yahoo! Music
14
Artiste émergent du mois
par Yahoo! Music
16
Avatar de stars
par Steven Cigale
185
C'est ma tournée !
par Philippe Barbot
160
Charts Info Service
par Etienne Menu
2
Get The Curse
par GTC Team
5
L'arène des concerts
par Concertlive.fr
36
Le Blog de Fred Musa
par Fred Musa
19
Le Blog Musique de Fluctuat
par Fluctuat Musique
44
Le clip du jour !
par Yahoo! Music
186
Le Mix de la Planète
par Yasmina Zhou
18
Les playlists de Topito
par Arnio
21
Ondes de Rock
par Defnael & Alan
61
SoYouTV - Vidéo du jour
par Nadia Becir
35
VoxPop
par Voxpop Music
100

Top blogs actifs

Saez partira en tournée en 2010

Premiere.fr -
mar 24 nov 2009 19:18 CET

Premiere.fr - C'est officiel, le chanteur Saez partira en tournée française au printemps 2010 !Cette nouvelle devrait ravir les nombreux de cet artiste... Plus »

Plus de news