Radiohead est-il démocrate ?
« Coldplay plus décisif que Radiohead ! Voilà un bel exemple d'argument branchouillo provocateur plein de vacuité... » Désolé d'insister, mais j'ai envie de persister quitte à passer pour ce summum de branché mondain et vain, que vous imaginez sans doute comme une manière de Fred' Beigbeider quand il se lamente « Cette guerre au Darfour me fout des aigreurs dans l'estomac et m'empêche de savourer le doux nectar d'une vodka pêche grenadine au Flore ! Tatiana, mon ange, tu me remets la même chose ?». Mouais... Le problème n'est pas Radiohead en tant que (très bon) groupe de pop actuel, mais plutôt la place que le gang de Thom Yorke s'est choisi sur l'échiquier de la musique. Pas adaptée. Vaguement mégalomane. Démago. Bien dans l'époque donc. Radiohead sait que l'industrie du disque sombre comme un vieux paquebot troué de partout. Que font alors les créateurs de « O.K Computer » ? Inventent-t-ils la pop du futur pour stopper net l'hémorragie interne de toute une corporation ? Ils y travaillent sans doute sur des bribes de ses albums « Kid A », « Hail To The Thief » ou le dernier « In Rainbows ». Mais surtout Radiohead préfère replacer le débat du futur de la pop sur un plan uniquement économique.
Quel message nous a envoyé ce groupe à la sortie en téléchargement avec un prix laissé au libre-arbitre des internautes de son dernier opus « In Rainbows » ? Quelque chose comme « Les gens d'en haut, ceux qui gèrent des labels sont déconnectés de vos réalités, amis consommateurs. Ils vous font croire qu'un CD coûte 20 euros, mais c'est faux. Ils exagèrent les marges pour agrandir leur piscine d'appartement en forme d'accordéon ! » Merci Fox Mulder, la vérité est ailleurs, reprenez donc de ce jus d'alien... Puis, Radiohead suggère, le plus naturellement du monde : « Les maisons de disques ne font plus leur métier de façon innovante permettez-nous de le faire à leur place. Nous sommes quand même des enfants des années 00. Nos cerveaux sont gigantesques et bourrés jusqu'à la gueule d'informations comme un moteur de recherche Google ! » Les musiciens assez affranchis pour vendre leur disque donc ! Radiohead voulait tester sa liberté. Il a seulement oublié de publier les statistiques du prix moyen qu'ont payé les internautes pour acheter « In Rainbows ». Là, il y aurait eu un vrai débat passionnant sur combien vaut réellement un disque à l'heure de Itunes. In fine ce groupe a officialisé l'ère du « tout ce qui ne va pas dans le sens de mon ego doit être effacé».
Pourquoi s'arrêter à la simple substitution de l'industrie par l'artiste ? Si on allait encore plus loin. Et si désormais les groupes écrivaient, enregistraient, fixaient le prix, vendaient et chroniquaient leurs propres œuvres à travers les pages html de leurs propres sites, ceci sous la plume électronique de leur propre communauté de fans. C'est vrai ça, un fan qui laisse un commentaire sur Myspace c'est moins salaud qu'un chroniqueur (quoique !) Un staff de promo interne qui réalise une interview du groupe unique à dupliquer et distribuer comme casse dalle publi rédactionnel dans toutes les rédactions c'est moins risqué. Etc, etc, etc... Toute une multitude de métiers et de médiums entre les mains du même et seul artiste. Radiohead n'a sans doute pas sorti un chouette disque dépressif en septembre en téléchargement (puis le même en décembre sous format CD en magasin) dans ce but. Il n'empêche, maintenant que la porte est entrouverte, certains hommes politiques médiatiques, n'ont plus le monopole de la concentration des pouvoirs.
Jean-Vic Chapus (rédacteur en chef de VoxPop)

D'abord, Radiohead n'a jamais caché le prix moyen des ventes directes qu'ils ont réalisé en téléchargement : il se situe autour de 6 euros (il suffisait de faire une recherche google, et pour ça pas besoin d'avoir un "cerveau gigantesque" http://fr.mashable.com/2007/10/20/radiohead-in-rainbows-1-semaine-12-millions-dalbums-10-millions-de-de-benefices/ )
D'autre part ce modèle économique, s'il est évidemment le meilleur (quoi de mieux que de payer le prix que l'on décide? Il est forcément juste), est forcément reservé aux mastodontes du circuit, comme Radiohead donc, ou encore Madonna (qui s'apprête à le faire également) et quelques dizaines d'artistes dans le monde, dont la notoriété immense leur permet de s'adresser directement a des 10aines de millions d'auditeurs sans avoir besoin de la machine promo obsolète d'une maison de disque. Là est donc la limite de ce système. Mais pourquoi critiquer cette démarche? S'ils peuvent le faire, mais qu'ils le fassent!! Tout le monde est gagnant la dedans, sauf les maisons de disques bien sûr, mais on ne va pas pleurer sur leur sort... Dans ce business de musique, on ne se plaindra pas si le chemin entre le cerveau du créateur et les oreilles de l'auditeur est le plus court et le plus désintermédié possible.
Ce n'est pas une histoire d'ego mais de bon sens à mon humble avis.
VoxPop vous êtes complètement à côté de la plaque sur ce coup là :-)
Pochettes, credit etc..
Après libre à chacun de faire comme y veut. Mais surtout vous plaignez pas qui il ait de + en + de mdr musicale
juste une question:
on vous paye pour pondre des articles comme ça?