Late Of The Pier
Ces jours-ci sort en Angleterre le premier album du quatuor Late Of The Pier. Quatre jeunes aux blases amusants : Sam Dust (chant, guitare), Red Dog Consuela (batterie), Francis Dudley Dance (synthés, danses démentes), Jack Paradis (basse). Late Of The Pier vient d’un coin du Royaume-Uni, Castle Donington, avant toute chose connu pour son festival de heavy metal monstrueux. A part ça ce groupe n’a rien à voir avec le commun du hard rock chevelu et clouté. Le rock de la formation de 20 ans et des poussières invente plutôt un nouveau langage entre techno, pop, musique des caraïbes et gimmicks glam. Le disque s’appelle « Fantasy Black Channel ».
Produit par Erol Alkan cet enregistrement est ce que l’on peut qualifier de vrai disque des années 00. Le corpus de sonorités du groupe sonne aussi imprévisible que la fonction « Lecture aléatoire » d’un iPod. David Bowie période « Scary Monsters », Frank Zappa, la synthé pop 80’s, Michael Jackson, Daft Punk, Franz Ferdinand, le heavy metal, The Prodigy, les B.O de « Rocky Horror Picture Show » : voilà quelques unes des pistes que contiennent ces chansons démentielles. Mieux, les titres des morceaux font penser à des sketches écrits par les Monthy Python. « The Bears Are Coming », « Bathroom Gurgle », « Heartbeat, Flicker, Line », « Random Firl », « The Enemy Are The Future ». D’ailleurs « Fantasy Black Channel » s’écoute mieux sur
un baladeur numérique que sur une platine CD. N’achetez pas cet album, téléchargez le. Après tout nous sommes dans les années 00. Nous sommes mutants. Nous sommes flous. Nous sommes résignés à un hédonisme bizarre devant le trop plein d’informations et de sonorités à portée de clic. « Les punks avaient de la chance car ils avaient une rébellion à entretenir. Aujourd’hui il n’y a plus grand chose contre qui on peut se battre. Tout le monde est un consommateur, tout le monde est heureux de consommer. A 13 ans tu as déjà tout ce à quoi tu peux rêver. A part faire les choses contre la mode en cours et contre les siens, difficile de se singulariser sur cette planète ! » Bienvenue à la première vraie génération Myspace.
Jean-Vic Chapuis
