Bloc Party : vrais rebelles / faux rebelles ?
Après Radiohead, Bloc Party fait une belle grimace de rebelle à sa maison de disque (Wichita en Europe). Le troisième album du groupe, après « Silent Alarm » (2005) et « A Weekend In The City » (2007) est sorti le 21 août en digital avant qu le CD se retrouve chez les disquaires le 27 octobre. Les quatre membres ont annoncé la sortie anticipée de « Intimacy » par un webchat avec leur fans en direct de leur site web officiel, à peine trois jours avant de mettre à dispo la version digitale.
L'acte n'est pas aussi éthique que celui de Radiohead qui pour dénoncer le prix trop élevé des albums proposait à l'acheteur de choisir son prix. D'une part, le chanteur Kele Okereke affirme qu'il veut pouvoir manger avec l'argent gagné par sa musique, et d'autre part, pour le groupe, le but était de faire revenir un peu d'excitation dans l'acte de sortie d'un disque. Quoi qu'il en soit, l'acte ne sera complet qu'avec la sortie physique car il est bien spécifié que le CD comportera plusieurs morceaux additionnels, la version digitale n'en comportant que dix (ce qui est déjà tout à fait honnête par ailleurs).
Bon alors ce disque, qu'en est-il ? Figurez-vous que Bloc Party m'avait déçue. Oui, le buzz sur le premier E.P. (celui avec « Banquet », sorti en 2004), plein de jeunes qui s'attendent à découvrir un nouveau groupe qui deviendra majeur, prendra la relève des Strokes et tout ça. Et comme beaucoup, le « Silent Alarm » m'avait semblé fade par rapport à l'E.P. Le deuxième album, n'en parlons pas. Massif, il faisait l'effet d'un album pour les stades raté. Avec « Intimacy », on repart du bon pied.![]()
« Mercury », premier single est particulièrement sombre et paranoïaque. La chanson est très destructurée malgré un refrain pop accrocheur mêlent des rythmes electro dansants et des arrangements de cordes et cuivres. Perturbant. Le clip, très premier degré, met en scène des singes savants qui prennent le pouvoir sur une humanité décadente (guerre, corruption...) dans un style horror-show retro.
Tout le monde s'accorde pour citer l'influence des Chemical Brothers ou de PIL (le projet de John Lydon des Sex Pistols qui tabassa allègrement ce pauvre Okereke le mois dernier pour des raisons pas très avouables). De belles références, une volonté de ne pas tomber dans la pop facile, tout en restant authentique ... Le truc qui cloche avec Bloc Party, c'est qu'ils sont bourrés de bonnes intentions, mais manquent de génie, n'osent pas aller jusqu'au bout. Les incursions électroniques saccadées ou planantes sont plutôt bien faites mais conventionnelles.
Les effets de décalage sont présentés de manière acceptables, assagis. L'album n'est certainement le plus accessible qu'ils aient fait, mais les éléments les plus expérimentaux, si on peut encore se permettre de les nommer ainsi, sont insérés avec l'idée de ne pas être hermétique. Finalement, on ne pourra pas leur reprocher. A tester dans les clubs et en live : les titres d'« Intimacy » devraient être plus saisissants avec un volume sonore élevé.
Caroline Harleaux

??? Euh l'album est quand même tout simplement génial. C'est sur que les autres titres ne sont pas aussi commercial. C'est peut-être pour ça que vous avez pas apprécié!