Second Sex : Du rock français ? C’est possible !
Le jeune groupe parisien sort son album le 3 novembre et part déjà en tournée. Leur disque surprend, leurs concerts sont une cure de jouvence. Le rock Français est moins une grosse blague et c'est tant mieux.
L'album "Petite Mort" des Second Sex est la meilleure nouvelle que nous donne la musique française cet automne. Ce groupe est le seul à ne pas avoir fait l'erreur de sortir son disque trop vite. En 2007, les disques franchement embarrassants des Naast et des Plastiscines avaient jeté un sérieux doute sur la crédibilité de toute une scène très bêtement labellisée "bébé rockers" et parrainée par le mensuel "Rock & Folk". Si ces groupes ont été fort médiatisés, leurs disques n'ont pas rencontré le succès populaire et pour une bonne raison : ils n'étaient franchement pas terribles. Sans parler d'horreurs musicales, disons que grisées par un pseudo mouvement, les maisons de disques n'ont pas pris le soin de veiller à la maturité artistique de leurs poulains avant de les jeter dans les concerts et les talk shows télévisés. Ça a laissé le champ libre aux BB Brunes, plus discrets dans leur lancement médiatique, qui ont réalisé un vrai carton en vente de disques : 300 000 CDS vendus, ce qui par les temps qui courent est un exploit.
Les Second Sex ont commencé exactement au même moment que tous les groupes précités. Mieux entourés et plus lucides, ils admettent avoir tardé à entrer dans l'arène du Top 50 pour deux raisons : ils tenaient à finir leurs études, ils voulaient être fier de leur répertoire. La première fois que j'ai vu les Second Sex sur scène, c'était en 2005 dans une cave parisienne nommée le Bar 3. Ils y jouaient régulièrement avec les Naast et les Plastiscine notamment. Il régnait une joyeuse ambiance de cour de récré où tout le monde joue avec les codes du rock, sauf que les Second Sex avaient un petit truc en plus : une terreur. Sur scène, leur chanteur Tim, montrait une figure tendue et affolée par l'effervescence électrique qu'il déclenchait. Tout d'un coup, on avait le sentiment de ne pas seulement avoir en face de soi un gamin qui "joue" au rocker, mais un vrai rocker, un médium qui ne fait que transmettre en musique l'énergie brute au public.
À l'époque, les Second Sex chantaient assez bien des chansons facilement provocatrices ("Je ne suis pas une fille facile"), une ode aux Tortues Ninja assez touchante et des chansons en anglais minimaliste. Assez vite, ils se sont fait repérer et n'ont plus donné de concerts que prétextes à s'habiller en rockers. J'en ai vu un certain nombre, mais à force ça devenait un peu caricatural et la musique passait de plus en plus au second plan. Voilà pourquoi, ce nouvel album redonne de l'espoir pour le rock en France. Ce groupe, qui aurait pu devenir has been, a su mûrir et éliminer des chansons plutôt que d'enregistrer tout ce qu'il avait sous la main. Les Second Sex ont également perfectionné leur jeu et trouvé avec le producteur de The Hives un son percutant. Certes tous les titres ne sont pas irréprochables, mais voilà un disque percutant, clairement rock et un groupe qui s'annonce comme une formidable machine de guerre sur scène. À ce titre, leur dernier concert à la Boule Noire était très prometteur.
Amis français, si vous avez un tant soit peu de sympathie pour le rock binaire le plus brut des premiers Stones, des Stooges, de Johnny Thunders, des Libertines ou des Strokes, ce "Petite Mort" des Second Sex mérite qu'on s'y arrête. John Lennon disait que le rock français valait le vin anglais, c'était on ne peut plus vrai à son époque, mais le XXIe siècle pourrait avoir changé la donne. Après, il n'est pas impossible que les Français ne passent à côté de leur bonne musique comme ils l'ont fait pour la French Touch il y a 10 ans.
Benjamin Durand
Album : « Petite Mort » Because (sortie le 3 novembre)
www.myspace.com/secondsexhttp://www.voxpopmag.com/ - VoxPop
n°7 spécial futur, disponible en kiosques et relais presse

Que les Second Sex - qui ont effectivement toujours su tirer leur épingle du jeu sur scène par une énergie moins chiquée que la moyenne - ait eu l'intelligence d'attendre et que cela s'en ressente aujourd'hui en bien sur leur musique, c'est magnifique !
Il est dommage par contre que vous cédiez à l'artifice journalistique moyen en resserrant la focale sur ce seul groupe. Pourquoi exclure d'autres groupes issus du Bar 3 qui furent, et parfois sont encore, de réelles raisons de se réjouir pour la scène rock en France. Pourquoi ne pas en profiter pour citer au-delà du Bar 3 même (j'en étais moi aussi, nous nous y sommes croisés d'ailleurs) les groupes que vous connaissez autant que moi mais dont les médias se font rarement l'écho. le médium du blog devrait vous y inciter, vous y êtes plus libre je pense que dans les colonnes de Voxpop (je parle en terme d'espace, non de contenu, je me doute que Jean-Vic Chapus ne pratique pas la censure).
Pourquoi donc ne pas citer vos amis de Stuck in the sound ou Nelson, dont les albums obtinrent un beau succès d'estime ? Pourquoi ne pas rappeler l'existence de ces infatigables guerriers de la scène que vous appréciez, je le sais, que sont Bogart and the Adictives de Toulouse (un rien pourrait leur permettre de s'envoler, j'en suis convaincu !) ? Pourquoi ne pas évoquer I love UFO (moins jeunes certes), Adam Kesher (même si leur dernière livraison déçoit un peu), Hopper (dont j'apprends avec regret la séparation), Bonaparts (que deviennent-ils ? que devient-elle ?) ou Friction et tant d'autres encore ?
Je conçois que ce n'était pas le but de l'article que d'établir un panorama du rock en France, mais une courte ligne pour rappeler leur existence ne coûte pas grand-chose. N'était-ce pas le sens de l'engagement militant d'Are you loaded ?
Enfin, réjouissons-nous que le temps ait permis de séparer le bon grain (ces groupes sus-cités) de l'ivraie (Naast, Plasticines, Parisians - jamais compris l'engouement pour ce groupe mauvais même en scène -, Violette et j'en oublie tant...).
Bien à vous...
c'est le meilleur groupe de garage de tous les temps!!
http://www.myspace.com/whodunittheband